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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” - 13 septembre 2019 - Jocelyne Vincent et Marthe Charest Imprimer cette page

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RÉSUMÉ

Premier segment: Mme Jocelyne Vincent

Mme Vincent n'est pas adoptée mais, par contre, elle a vécu quelque chose de particulier, avec sa mère, tout au cours de sa vie, ayant un doute que cette dame, qu'elle appelait sa mère, ne l'était pas, en réalité.

Quand sa mère s'est mariée, ça lui a pris cinq ans avant d'avoir un enfant et ce, sans méthodes de contraception.
Souvent, les fins de semaine, une tante qu'elle appelait affectueusement « ma tante Gâteau », la soeur de sa mère, venait la chercher pour qu'elle puisse passer du temps chez elle et elle l'emmenait aussi en voyage. On disait qu'elle lui ressemblait. Son mari n'appréciait pas vraiment la compagnie des enfants mais qu'il aimait beaucoup celle de Jocelyne.
Elle a même demandé à sa mère, pour tirer la question au clair, si c'était elle ou sa tante Gâteau qui était sa mère ce à quoi elle a répondu: « Non, non et tu le sauras quand je serai morte ». Pourquoi répondre de cette façon s'il n'y avait rien à cacher? Bref, elle n'avait jamais de réponse à sa question. Son père est décédé alors qu'elle n'avait que quatre ans donc, il ne pouvait pas lui répondre, lui non plus.

À ses quatre ans, sa mère s'est remariée et Jocelyne a toujours considéré le conjoint de sa mère comme son père n'ayant peu connu son véritable père. Sa mère et lui ont deux fils donc, ses demi-frères.

Mme Vincent recherche donc sa famille paternelle, des Vincent. Sa famille maternelle porte le nom de Sirois et le deuxième mari de sa mère est un Lapierre.

Du côté maternel, il ne reste qu'un de ses frères, le benjamin. Ele lui a demandé des photos et il lui aurait demandé pourquoi. Elle lui a fourni son numéro de téléphone et son adresse courriel mais son oncle n'a jamais donné suite à sa requête.

La mère de Mme Vincent est décédée le 12 février 2019 et il n'y a donc plus personne qui semble pouvoir lui fournir des informations.

Elle recherche ses deux tantes du côté paternel, Huguette et Stella Vincent. Elle aurait aussi trouvé une photo avec le nom de Richard Vincent, à l'arrière. Sa mère n'aurait pas vu ses soeurs depuis vingt ans donc, les liens n'étaient pas trop étroits.

Sa mère étouffait toujours ses questions en lui disant qu'elle n'avait pas le temps, qu'elle aimerait qu'elle n'en parle pas.
Elle voudrait bien connaître l'histoire de sa famille afin de boucler des boucles. Elle ne sait pas où ses tantes demeurent, quel est leur état de santé et elles ne sont plus très jeunes. De ce qu'elle se souvient, la famille habitait à Montréal.

C'est une émotion bien particulière que celle de ressentir des doutes sur l'identité de sa mère et de ne pas avoir personne pour la confirmer ou l'infirmer.

Elle a revu ses deux frères du côté paternel à cause de questions relatives au testament. Elle a tenté, encore une fois, d'avoir une réponse claire avec l'un des ses frères mais il lui a répondu qu'elle devrait demander à sa mère. Il n'a pas dit si c'était vrai ou si c'était faux. Elle s'est alors dit qu'elle était peut-être la seule à ne rien savoir, à ne rien connaître de la vérité. Il y a toujours eu comme des secrets, un mystère qui planait.

On souhaite à Mme Vincent des Colombos pour pouvoir l'aider dans ses démarches.

Deuxième segment: Mme Marthe Charest

Pour une mère, normalement, quand tout va bien et qu'elle donne la vie à son bébé, c'est le plus beau moment de sa vie mais c'est le plus déchirant si elle doit s'en séparer.

Quand l'appel du Centre jeunesse arrive, pour signer le droit de veto, c'est un choc! C'est le passé douloureux des mères d'origine qui les rattrape. La cassette fait tout un REWIND! Elles ne refusent pas leur enfant devenu adulte. Elles refusent plutôt de souffrir et de réouvrir encore une plaie vive qui n'a pas été cicatrisée malgré les 40-50-60 ans qui se sont écoulés. C'est comme ouvrir à nouveau un livre avec certaines pages que l'on n'aurait pas voulu relire...

Le passé des mères biologiques est à l'image d'un feu ou d'un accident d'auto, sur la route, où on dénombre des décès. Tout est détruit et des décennies plus tard, elles doivent revenir sur les lieux du drame, en ayant tout plein de mauvais souvenirs , des flashs cruels, qui reviennent à la surface, en boucle. Il n'y a plus de bébé mais l'incompréhension, la peur, la honte, la culpabilité, le déshonneur, le rejet, la solitude et les préjugés, eux, sont bel et bien là et les habitent.

Chapitre après chapitre, toutes les étapes vécues que ce soit pendant notre grossesse, à l'accouchement, à l'adoption et par après, à chaque jour de nos vies, pour la majorité d'entre nous, tout nous revient en mémoire, en quelques minutes, lors de l'appel du Centre jeunesse, alors que nous avions tenté d'oublier ces souffrances en poursuivant nos vies, le plus « normalement possible ». Je compare ce moment à un diagnostic de cancer chez l'oncologue. On entend des mots, on lit sur ses lèvres, mais tout devient flou, comme un film au ralenti, on ne saisit pas bien, déstabilisées, à la renverse.

Nous ne vivons pas toutes cette séparation aussi intensément mais ce n'est jamais de gaieté de coeur que l'on confie notre enfant à l'adoption et, quand le fameux appel pour signer oui ou non le droit de veto arrive, c'est la panique, le désarroi, la détresse vécus dans le passé qui s'emparent de nous. Oui, pour la plupart des mères, elles ont refait leurs vies mais toujours avec cette absence tatouée sur le coeur. Que dire aussi des mères qui apprennent que leur bébé n'est pas mort, comme on leur avait dit, qu'il a été plutôt adopté? Elles croient que c'est une erreur du système, qu'on n'appelle pas au bon endroit.

Celles qui sont mères comprendront notre grande détresse, notre passage à vide en sortant de l'hôpital, les bras, le coeur et l'esprit vides, après trois jours, alors qu'elles-mêmes peinent à attendre de reprendre leur poupon dans les bras du père ou de quelqu'un d'autre qui voulait le prendre. Si elles s'imaginaient un seul instant, séparée de leur nouveau-né, elles pourraient alors saisir toute la douleur vécue à ce moment. Il fallait continuer de vivre et « faire comme si » rien n'était arrivé alors que ce n'était pas banal d'accoucher, d'être seule, souvent au loin, sans soutien et ensuite vivre avec le regard des gens sans savoir ceux qui étaient au courant ou qui se doutaient de l'enfant mis au monde hors mariage.
Nous avons eu droit à plusieurs préjugés tenaces.

Nous avons vécu du rejet et de l'abandon. Les personnes adoptées n'ont pas le monopole du rejet, de l'abandon. Avant même que l'enfant soit au monde, la mère a eu le premier rejet à savoir celui de sa famille, du père qui s'en est allé refusant de prendre ses responsabilités, de la société, de la religion. Les mères se sont senties trahies et par la suite, il était très difficile pour elles de rétablir la confiance.

Les mères de 75-80-85 ans, à l'époque, avaient signé un document officiel, une promesse à Dieu, en fait, donc, un serment à respecter, à vie. Alors, même en 2019, elles ont évolué dans plusieurs sphères de leurs vies mais pas pour cet aspect, à cause de la présence et de l'importance que revêtait la religion et ses représentants, dans leur jeunesse. Nous ne pouvons donc pas les juger mais plutôt tenter de les comprendre. Pour plusieurs, nous avons dû mener une double vie, sur la défensive, en nous cachant notre situation, notre réalité, derrière des masques, durant plusieurs décennies. Dans les petits villages, les potins allaient bon train...

Ces mêmes mères devraient se donner le droit de dire OUI à leur fils, à leur fille, pour vivre une deuxième chance, un grand bonheur à savoir celui de ressentir un soulagement, une forme d'apaisement et de sérénité.

Pour ma part, je me disais toujours que la vie serait injuste si je mourais sans connaître ma fille. Je peux comprendre que les recherches peuvent devenir une obsession autant du côté du parent que du côté de son enfant devenu adulte. Les personnes adoptées veulent retrouver leurs origines, leurs parents. Il est important, de part et d'autre, d'être respectueux même si l'objectif est de retrouver, à tout prix.

Si les mères prenaient du recul, un temps de réflexion, elles se sentiraient moins coincées à répondre à leur intervenante, dans les plus brefs délais, et de cette façon, certaines reviendraient sur leur décision, comme nous en avons connues. Il faut répéter que même si elles ont signé le droit de veto, elles peuvent changer d'idée, à tout moment.

Quand il y a un refus, la travailleuse sociale du Centre jeunesse (CISSS) peut servir d'intermédiaire pour certaines avenues possibles à explorer afin que le refus soit moins catégorique. Il pourrait y avoir échange de lettres via le CISSS, des photos, des informations médicales, et ce, dans l'anonymat. C'est un peu plus réconfortant qu'un seul NON sans savoir rien d'autre.

On devrait aussi informer les mères qu'après leur décès, leur identité pourra être dévoilée alors, pourquoi ne pas faire ce premier pas et dire oui quand elles sont en vie et qu'elles peuvent raconter leur vraie histoire, celle que bien souvent elles sont les seules à connaître mais encore là, c'est leur droit, et c'est toute une déprogrammation. La peur est l'ennemie numéro dans des retrouvailles éventuelles.

Elles peuvent appeler au Mouvement Retrouvailles pour avoir un accompagnement suite au droit de veto qu'on leur a demandé de signer. Elles peuvent y obtenir du soutien qui pourrait et qui a fait, dans certains cas, la différence.

Nous pouvons lire certains commentaires sur les sites d'adoption qui sont parfois durs à l'endroit des mères d'origine. On parle de leur égoïsme et du pardon à leur accorder. Personne n'est parfait mais on ne connaît pas la vie de ces mères pour les accuser d'égoïsme et pour devoir les pardonner. Pardonner de quoi? Elles ont été forcées de confier leur bébé en adoption. Il n'y avait pas d'autre option qui était présentée et si jamais certaines mères parlaient de garder leur bébé, on les décourageait de le faire en leur disant qu'elles étaient trop jeunes, inadéquates, devraient l'élever seule, sans père, sans argent, sans ressources psychologiques et aussi qu'elles devraient faire le deuil de leur famille, qu'elles ne verraient pas et qui ne les aiderait pas.

C'était une « faute » qui était imputée aux mères mais non aux pères. Pourtant, ce bébé avait été conçu à deux mais la responsabilité difficile incombait aux mères; de là, un pardon qui n'a pas lieu d'être demandé car elles faisaient du mieux qu'elles pouvaient en se disant que leur enfant, s'il était adopté, ferait la joie d'un couple qui ne pouvait pas en avoir et qu'il serait choisi donc, bien traité et heureux. Pour ma part, je n'ai jamais ressenti le besoin de me faire pardonner quoi que ce soit par ma fille.

Les activités d'automne pour les cafés-rencontres ont recommencé. Vous pourrez retrouver les informations pour les dates à l'adresse suivante: http://www.mouvement-retrouvailles.qc.ca/fr/cafe.asp

Également, le colloque annuel du Mouvement Retrouvailles se tiendra le 2 mai 2020. L'endroit est indéterminé pour l'instant mais, dès maintenant, vous pouvez bloquer cette date à votre agenda.

Merci à Mme St-Pierre et à ses invitées

Partagez la page de l'émission en grand nombre et n'oubliez pas: « Aidez-nous, s'il vous plaît, à vous aider. »

Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour la sonorisation et pour la pièce musicale « Les mamans » interprétée par Claude Gauthier.

Merci aussi au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l’émission.

Il est possible de vous procurer le livre de Mme Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Mme Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.

Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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