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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” - 14 juin 2019 – Caroline Fortin, Mouvement Retrouvailles Imprimer cette page

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DERNIÈRE DE LA SAISON - Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 14 juin 2019 – Caroline Fortin, Présidente et coordonnatrice provinciale

Nous en sommes à la dernière émission de la saison. Normay et Caroline nous parle de la dernière rencontre ministérielle du 24 mai 2019, du séminaire organisé par le Secrétariat à l’adoption internationale, du congrès de l’ACFAS de Gatineau, tout ceci en lien avec la Loi 113.

Nous vous souhaitons un très bel été et au plaisir de vous retrouver en septembre pour le début de la nouvelle saison. N’hésitez pas à contacter Normay St-Pierre si vous désirez faire partie d’une prochaine émission.

Bone écoute, bon été et merci de partager. Pour écouter votre émission :

N’hésitez pas à commenter et à partager!

RÉSUMÉ

D'entrée de jeu, Mme St-Pierre félicite Mme Fortin pour son excellent travail. Elle est toujours là, fidèle au poste, pour faire avancer la cause de l'adoption. Bien humblement, elle ajoute que c'est un travail d'équipe que celle du Mouvement Retrouvailles avec ses bénévoles et les responsables des régions, qui sont peut-être davantage dans l'ombre, mais, qui effectuent également un travail très important.
Rencontre du 24 mai dernier:
Le 24 mai 2019, de 10h00 à 12h30, Mme Fortin a rencontré le conseiller politique du ministre délégué de la Santé et des Services sociaux, M. Lionel Carmant, soit M. Christian Chabot. Ils étaient cinq autour de la table: deux représentantes du Mouvement Retrouvailles, une intervenante du service adoption-retrouvailles d’un CIUSSS, Mme Dominique Marchand, et Mme Sylvie Carole Picard, représentante du groupe « Les oublié(e)s de la Loi 113 ». Le premier but de cette rencontre était de présenter à l’équipe du ministre délégué, les hauts fonctionnaires, les décideurs, ce qui se passe vraiment « sur le terrain », spécifiquement avec l’Équipe centralisée Info-adoption, mise en place suite à l’entrée en vigueur de la Loi 113, en juin 2018.
À l'étage du milieu, on porte beaucoup de lunettes roses en ce sens que tout semble bien aller, qu'il y a plusieurs demandes, effectivement, mais que le travail va bien. Il fallait donc remettre les pendules à l'heure et Mme Fortin était très contente d'avoir une intervenante-terrain pour confirmer leurs dires. Rien n'a été inventé. Les représentantes ont fait mention des doléances reçues des usagers concernant, notamment, les délais inadmissibles pour le traitement des demandes d’identité. Les procédures mises en place ont été et sont encore inefficaces et incohérentes.
Ce fut une belle rencontre qui a duré deux heures et demie. M. Chabot est nouveau dans le domaine. C'était un dossier inconnu mais il a semblé bien intéressé au dossier de l'adoption, du post-adoption et du post-retrouvailles. L'écoute a été très attentive. Il a posé des questions et c'est un homme « de terrain ». Il a parlé un peu de son passé et on a pu voir qu'il allait au fond des choses. Il ne serait pas étonnant qu'il se rende lui-même sur les lieux des Centres jeunesse (CISSS-CIUSS), pour rencontrer des intervenant(e)s pour s'informer comment vont les choses avec la loi 113, par exemple. Au final, il a dit que toutes les demandes étaient légitimes et pleines de gros bon sens. Il n'y a rien d'extraordinaire dans les demandes, rien d'exagéré, et c'est confortant. Il transmettra l’information à son supérieur, fera des vérifications et tentera de voir si des modifications pourraient être apportées. L'avenir nous dira ce qu'il adviendra de cette rencontre mais M. Chabot a été attentif et ce, sans jouer le dialogue politique. On le sentait sincère donc, nous espérons du positif, à moyen terme. Nous avons confiance que des interventions seront faites et que les ministères concernés seront interpellés. Il faut garder l'espoir… chose en laquelle les personnes adoptées sont expertes…
Secrétariat à l’adoption internationale:
M. Chabot a assisté à 2 journées et demie du séminaire sur l’adoption internationale du 27 au 29 mai dernier, préparé par le Secrétariat à l’adoption internationale, à la demande du cabinet. Mme Fortin a donc trouvé très intéressant qu'il puisse tâter le pouls des gens sur place. Il était à même de constater comment les choses se déroulaient au niveau international mais aussi au niveau national. Il a amassé beaucoup d'informations pour se constituer un dossier étoffé, au final. À sa demande, Mme Fortin doit rencontrer M. Chabot, à nouveau, dans les semaines qui suivent. C'est quand même positif. Il est évident que les personnes adoptées diront: « Nous devons vivre d'espoir ». Oui, en effet, il en faut! Avec la CAQ, lorsque la loi 113 a été adoptée, on sentait qu'ils étaient réceptifs tout comme pour les membres du Parti Québécois qui appuyaient leurs demandes sur presque tout. Maintenant que la CAQ est en poste, malgré de lourds dossiers, il y a moyen de s'insérer sans trop bouleverser les autres dossiers prioritaires... même si nous sommes aussi une priorité. Nous verrons bien si l'intérêt est toujours porté à nos demandes.
M. Lionel Carmant a fait une allocution à l’ouverture de ce séminaire qui recevait des représentants de 27 pays. Il y a eu environ 200 personnes qui toutes traitaient de sujets au niveau de l'adoption et du post-adoption. Il y avait plusieurs intervenant(e)s des Centres jeunesse (CISSS-CIUSSS) du Québec. Un après-midi a été consacré aux associations québécoises qui traitent d’adoption, de post-adoption, de retrouvailles et de post-retrouvailles. Il y avait des gens du Mouvement Retrouvailles et de d'autres pays dont les États-Unis, le Mexique, l'Irlande et aussi d'un peu partout dans le monde. Des ateliers et conférences traitaient de recherche des origines, de droit à l’identité, de l’importance d’avoir des dossiers bien documentés, des liens d’attachement, de l’ADN, des réseaux sociaux, etc.
La rencontre du 24 mai et le séminaire ont été deux bonnes rencontres intéressantes et positives. Que ce soit au niveau international ou au niveau national, les défis sont les mêmes pour les personnes adoptées, pour les adoptants et pour les parents d'origine. Les lois diffèrent, d'un pays à l'autre, mais à la base, ce sont les mêmes questionnements sans réponses. Les gens ont pu échanger entre eux et ce furent de belles journées constructives. Le séminaire a été très bien organisé, ça roulait au quart de tour, tout était parfait, a souligné Mme Fortin.
Avec la 2e portion de la loi 113 entrée en vigueur le 16 juin 2019, un article paru dans La Presse (31 mars 2019) parlait de 1 400 veto signés. À cette même date, il y avait eu 33 243 demandes reçues donc, ça donnerait 4.2% du total des demandes. Il y a les refus antérieurs qui sont reconduits et qui ne sont pas calculé dans le 1 400. Plusieurs personnes qui ont refusé sont aussi décédées. Il y aurait 542 personnes qui ont annulé leur veto, qui ont retiré leur refus, ce qui est intéressant. Les délais sont à prévoir, bien sûr, car il n'y a eu que le quart des demandes traitées en 2018.
Les mères d'origine doivent savoir qu'un an après leur décès, de toute manière, leur dossier pourra être dévoilé, donc, il vaut mieux qu'elles racontent leurs propres histoires, elles-mêmes, qu'elles dévoilent leur secret. Elles peuvent le faire dans l'anonymat, sans besoin d'alerter toute la population au grand complet. Le Mouvement Retrouvailles peut les accompagner, les soutenir dans leurs démarches.
Il y a aussi les tests d'ADN qui peuvent faire peur et c'est légitime et surtout les approches risquées que tentent les gens qui retracent des membres de leur famille. Il ne faut pas oublier de traiter les autres avec respect et tact en pensant que si les interventions sont mal faites, à la sauvette, ça risque de mettre fin à une relation naissante ou à la rompre définitivement. Les personnes peuvent se sentir envahies, harcelées, arnaquées, elles, qui ne sont pas préparées à de telles éventualités. Le Mouvement Retrouvailles peut faire l'intermédiaire entre les deux parties et alors, les personnes se sentent rassurées, réconfortées que ce soit par des appels, des lettres officielles du Mouvement, des courriels, Facebook etc.
La publicité, tant à la radio qu’à la télévision, a été une campagne de peur pour les parents d'origine et n’expliquait pas du tout la démarche à suivre pour la personne confiée à l’adoption, si ce n’est qu’elle aurait droit à l’identité de ses parents d’origine, sans plus. Les parents d'origine prennent donc panique et les personnes adoptées (incluant les personnes confiées à l’adoption non adoptées) ne savent pas du tout quelles sont les demandes traitées par l’Équipe centralisée et des milliers de demandes non admissibles entre 2018 et 2019 ont été reçues.
Il aurait été facile de rediriger rapidement ces demandes dans les services d’adoption-retrouvailles des CISSS-CIUSSS concernés au lieu de tenter de répondre à celles-ci et en faisant des vérifications multiples, plus spécifiquement les vérifications de décès, qui ne faisaient pas partie de leur mandat. À notre humble avis, dès le départ, il aurait été beaucoup plus efficace de laisser les services comme ils étaient et chacun des CISSS-CIUSSS auraient pu répondre rapidement aux demandes, en ajoutant du personnel. Ces gens sont habitués et expérimentés avec le traitement de telles demandes. Nul besoin de former de nouveaux intervenants sans trop d’expérience dans le domaine et peu habilités à traiter avec les usagers du monde de l’adoption et avec la loi qui n'est pas simple ni respectée. De lourdes procédures administratives ont été mises en place, ce qui a eu pour effet d’allonger les délais, d’augmenter les risques d’erreurs ou les pertes de renseignements bref, cette décision n'était pas la décision du siècle!
Pour les personnes dont les parents d’origine sont décédés depuis plus d’un an, plusieurs s’attendaient à recevoir des informations complètes sur leurs parents inscrits au dossier d’adoption. Le fait de ne recevoir que le prénom et le nom en a déçu un très grand nombre. Aucune date de naissance, aucune date de décès, aucune information sur le lieu du décès et/ou de la sépulture, rien sur la famille, donc très peu d’informations permettant de se rattacher à leurs origines. Qu’arrivera-t-il lorsque les autres demandes concernant les parents d’origine toujours vivants, qui n’ont pas placé de refus de divulgation de leur identité, par le passé ou entre juin 2018 et juin 2019, arriveront? Nous nageons et nagerons dans l'inconnu...
Il a été question également des descendants ou des personnes reliées aux personnes adoptées décédées. Il est inconcevable que ces personnes n’aient pas accès à l’information concernant leurs parents, avec ou sans procuration signée au préalable. Ce sont également de leurs origines dont il s’agit. Le conjoint d’une personne adoptée décédée, qui désire avoir des renseignements pour le bénéfice de ses enfants, n’est même pas admissible non plus.
Des personnes inaptes représentées par un curateur, un tuteur ou par toute personne significative, avec une procuration, ont été refusées.
Concernant la fratrie, nous avons également demandé à élargir la clause à cet effet pour donner plus d’informations et aussi pour permettre à d’autres membres de la famille élargie d’avoir accès à cette Loi.
Aucun mécanisme n’a été mis en place pour faciliter la connaissance de son statut d’adopté, si ce n’est que de permettre au Directeur de la Protection de la jeunesse de le divulguer sur demande. Qui aura le réflexe d’aller vers le DPJ pour une telle demande? Nous voulions que l’interprétation de la loi soit revisitée et que celle-ci soit plus large au lieu d’être très restrictive comme actuellement.
En ce qui a trait aux Centres jeunesse (CISSS-CIUSSS), les nouvelles ne sont pas vraiment bonnes. Il appert qu'on ne conservera que ceux de la Montérégie, Montréal, Québec et Batshaw (pour les anglophones) à partir de la mi-juin 2020, fort probablement. Les autres en province fermeront, auront une réduction de personnel et tout se fera à partir de ces 4 pôles. On imagine facilement un recul et une attente comme celle des années '80... c'est une décision gouvernementale!
ACFAS
Le 30 mai s'est tenue une journée dédiée à la Loi 113 lors du Congrès annuel de l’ACFAS à Gatineau, à l’Université du Québec en Outaouais. Différents conférenciers sont venus présenter leurs points de vue sur le sujet et le Mouvement Retrouvailles traitait de la Loi 113 et de ses préoccupations. Lors de ces deux dernières activités, plusieurs personnes, intervenantes dans les CISSS/CIUSSS, étaient présentes. Elles ont ainsi pu parler de la réalité « terrain » aux participants.
Espérons maintenant que ces derniers événements sauront éveiller les autorités sur le fait que la mise en place de la Loi 113 présente de grandes défaillances (recommandations du Mouvement Retrouvailles). Mme Fortin a donné plusieurs entrevues à la radio, dans les journaux français et anglais, récemment.
Merci à Mme St-Pierre, merci à Mme Fortin pour leur excellent travail et merci également à leurs invité(e)s. C'est maintenant l'heure pour elles, pour M. L'Heureux et pour les auditeurs de prendre la route des vacances. Partagez la page de l'émission en grand nombre et n'oubliez pas: « Aidez-nous à vous aider ».
Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour la sonorisation et pour la pièce musicale « Madame Adrienne » interprétée par Gilles Vigneault.
Merci aussi au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l’émission.
Nous souhaitons aux auditrices et aux auditeurs un très bel été et au plaisir de vous retrouver en septembre pour le début de la nouvelle saison.
Il est possible de vous procurer le livre de Mme Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Mme Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.
Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.
Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003


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Règlements généraux adoptés par le C.A. | Rapport annuel 2018

Caroline Fortin, Présidente et coordonnatrice
Téléphone : 418 903 9960
Téléphone : 1 888 646 1060 (sans frais)
Télécopie : 418 834 9627

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