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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 3 mai 2019 – Marthe Charest, mère d’origine Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 3 mai 2019 – Marthe Charest, mère d’origine

Cette semaine, Normay reçoit Marthe Charest, mère d’origine qui a retrouvé sa fille confiée à l’adoption. Toutes deux font un retour sur la demande adressée par Mme Lily Cotton, sur cette émission, le 15 mars dernier. Mme Cotton est à la recherche de sa demi-sœur née le 27 ou 28 mars 1945 à l’Hôpital de la Miséricorde de Québec. Leur mère, à l’âge de 93 ans, toujours très lucide, a révélé son secret au début du mois de mars. Elle vient tout juste de décéder et sa fille lui a fait la promesse de retrouver sa fille. Marthe nous parle de son expérience en tant que mère d’origine qui a dû confier son enfant à l’adoption et fait le parallèle avec la majorité des mères qui ont dû poser le même geste.

Souhaitons que cette émission fera en sorte que des retrouvailles pourront avoir lieu. Nos plus sincères condoléances à toute la famille

Pour écouter votre émission :

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RÉSUMÉ

D'entrée de jeu, Normay et moi offrons nos condoléances à Mme Lili Cotton (et à sa famille), invitée en entrevue à l'émission du 15 mars dernier. Elle vient de perdre sa maman à la fin d'avril. Le 4 mars dernier, sa mère, âgée de 93 ans, toujours très lucide, pleurait à chaudes larmes en lui révélant son secret vieux de plus de 70 ans, à savoir sa grossesse hors mariage. Elle avait donc dû confier cet enfant-là en adoption, une fille, née le 27 ou 28 mars 1945 à l’Hôpital de la Miséricorde de Québec. Sa fille lui a fait la promesse qu'elle ferait tout en son pouvoir pour retrouver sa fille, sa soeur.

La mère de Mme Cotton a divulgué son secret à 93 ans; il ne faut pas attendre si tard! C'est un appel aux autres mères d'origine qui hésiteraient à faire le pas dans ce sens. Pourquoi attendre et souffrir pendant toute une vie, laisser aux autres décider pour elles et laisser des gens leur mettre des bâtons dans les roues? Elles savent la peine, la tristesse qu'elles ressentent dans leurs coeurs alors, elles doivent se dire qu'elles sont en 2019 et qu'elles ont le droit de se donner une deuxième chance dans la vie afin de retracer leur enfant devenu adulte. Premièrement, elles se sentiraient libérées de ce lourd fardeau et deuxièmement, elles pourraient demander à leurs enfants ou à d'autres personnes dignes de confiance de les aider. Il n'y a plus les jugements des années '40, '50 et '60.

La révélation du secret en mars n'est sans doute pas un hasard car il s'agit du mois de la naissance de sa fille alors, il y avait des souvenirs imprimés dans son esprit, dans son corps. Parfois, certaines mères souffrant d'Alzheimer ont des points de repères tels la température extérieure, la saison sans se rappeler toujours précisément de la date exacte de la naissance de leur enfant mais il est impossible d'oublier un tel événement.

Perdre son enfant en le confiant en adoption est à l'image d'une disparition et moi, je l'ai vécu de cette façon; c'est pourquoi je fais un parallèle avec l'adoption. Nous manquons d'informations, sommes en attente, l'absence est longue, inquiétante, remplie de questionnements et, tant que nous n'avons pas retrouvé la personne vivante ou décédée, il est difficile de passer à autre chose. Les émotions vécues dans les deux cas sont très semblables.

Cette nouvelle dans la famille de Mme Cotton a été surprenante mais reçue avec beaucoup d'ouverture, le choc une fois passé. C'est malheureux car elle aurait peut-être pu vivre tellement de belles années si elle avait recherché et retrouvé sa fille avant et Lili et les autres membres de la famille, avec leur soeur, également. C'est dommage car ils ont accueilli ce secret avec tant de joie et d'espoir! Souvent, les enfants disent: « Pourquoi avoir tardé à nous le dire? » Ce sont de nombreuses années, parfois, à ne pas avoir pu créer des liens; ce sont des rendez-vous manqués avec la vie...

Maintenant, les membres de la famille vont poursuivre la mission que leur mère leur a donnée à savoir la promesse de retrouver sa fille. Au moins, elle a quitté ce monde plus sereinement mais sans avoir pu revoir sa fille...

On ne peut pas oublier la naissance d'un enfant, c'est impossible! Ce n'est pas banal de donner la vie! Ce n'est pas banal non plus de devoir se séparer de notre bébé qui a vécu en nous pendant neuf mois et de devoir le confier en adoption à cause de ce que la religion et le clergé, entre autres, imposaient. Par contre, de nos jours, il n'y a plus ces jugements mais, ces mères qui ont 80-85 ans, quand elles signaient le consentement à l'adoption, elles faisaient en même temps une promesse, un serment à Dieu de ne pas tenter de retrouver leur enfant alors, c'est très difficile de leur enlever de l'esprit ce qu'on leur a martelé de force pendant plusieurs décennies.

« Les filles-mères » du temps étaient la honte, le déshonneur de la famille, de la paroisse. À cette époque, il n'y avait pas d'assistance, de ressources et, même si la jeune fille avait pu emprunter des sous à ses parents, ils auraient refusé. Par ailleurs, on les disait trop jeunes, inadéquates surtout parce que plusieurs futurs parents adoptifs n'attendaient pas mieux que d'adopter un bébé pour lui donner une bonne famille, un bel avenir, une meilleure vie, quoi! Naïvement, elles croyaient les intervenants sociaux et elles se disaient que ces parents feraient sans doute le bonheur de leur bébé mais en fait, elles n'en savaient rien...

J'aimerais ajouter que la fête des Mères arrive à grands pas, le 12 mai prochain, au Québec. À un certain âge, les mères d'origine ont acquis plusieurs biens matériels et reçu plusieurs cadeaux importants sauf, en fait, l'essentiel, celui qui leur ferait le plus plaisir, LE cadeau des cadeaux, à savoir celui de retrouver leur enfant devenu adulte, confié en adoption. Pourquoi ne pas prendre la fête des Mères comme « beau prétexte » pour annoncer cette nouvelle et demander à vos enfants de vous aider dans vos démarches de recherches? Ils seraient sans doute très heureux de le faire mais ils ne peuvent pas le deviner... sauf qu'ils pourraient peut-être remarquer, qu'à certaines périodes de l'année, leur mère est plus morose et amorcer alors une conversation en disant qu'ils se posent des questions sur le pourquoi de sa tristesse, à certains moments, ce qui inciterait et faciliterait peut-être les confidences.

À la fête des Mères, j'avais, pour ma part, le désir qu'on me souhaite bonne fête des Mères au même titre que les autres mamans. Dans ma famille, on ne savait pas trop comment se comporter; on ne voulait pas me blesser en m'y faisant penser mais j'étais mère, ma fille n'était pas avec moi, mais elle était dans mon coeur et elle n'était pas décédée. J'ai fait les premiers pas en leur demandant de ne pas m'oublier à la fête des Mères et ils se sont sentis alors soulagés. Moi, s'ils ne faisaient pas allusion à ma fille, c'était comme si on l'avait oubliée, ignorée, nié son existence. On marche souvent sur des oeufs, par conséquent, on doit s'ouvrir, exprimer nos besoins car parfois les gens ne sont que maladroits ou mal à l'aise.

En rapport avec les secrets qui n'en sont pas, en fait, un jour ou l'autre, ces fichus secrets seront dévoilés même après le décès, avec la loi 113, on le saura, alors, aussi bien le dévoiler de son vivant. Ce sont des douleurs presque chroniques, en 2019. Que ces mères, ces tantes ou ces personnes qui sont au courant de cette grossesse, abordent le sujet! Si la mère en parle de son vivant, ce sera vraiment son histoire à elle qu'elle pourra raconter.

Je me suis toujours dit que mon enfant avait le droit, je lui devais bien ça, de connaître ses antécédents médicaux. Je me devais de lui fournir le plus de détails sur notre voyage de 9 mois ensemble, sur sa génétique, sur celle de son père, si connue. Je ne voulais pas qu'elle se sente dans le néant... On peut faire un appel ou envoyer une lettre avec des informations au Centre jeunesse et/ou au Mouvement Retrouvailles et ce, dans l'anonymat.

Nous parlions de l'importance des cafés-rencontres du Mouvement Retrouvailles, ceux d'autrefois et encore ceux d'aujourd'hui. Par les témoignages des personnes présentes, nous pouvions comprendre et saisir mieux le vécu des personnes adoptées et celui des parents d'origine.

On parle du conflit de loyauté des personnes adoptées par rapport à leurs parents adoptifs. De peur de les blesser, de leur faire de la peine, les personnes adoptées tardent à entamer des recherches pour leur mère/père biologique. Il est alors trop tard quand ils les débutent et ceux-ci sont souvent décédés, malheureusement. Parfois, les recherches se font du vivant des adoptants mais à la cachette parce que les personnes se croient redevables d'avoir été prises en charge par eux et ne se sentent pas comprises et appuyées dans leur quête identitaire.

Normay parle des mères d'origine, lors des retrouvailles, qui revoient toujours leur grand(e) comme un petit bébé. C'est normal, c'est la dernière image, pour la plupart d'entre elles, en sortant de l'hôpital. Elle est imprimée et même si elles savent bien que leur fils ou leur fille est adulte, il n'en demeure pas moins qu'elles revoient quand même le petit bébé, si toutefois elle ont eu la chance de le voir.

Si on vous a confié le secret d'une grossesse hors mariage, il n'y a plus lieu de le garder pour vous. C'est une promesse qui date d'une autre époque, autres temps, autres moeurs Il faut vous en servir pour ouvrir la porte aux confidences pour libérer la dame, la maman d'origine en question, qui a souffert depuis trop longtemps de garder ce secret à l'intérieur et à vous aussi sa soeur, sa nièce, son amie qui avez souffert du fardeau de cette promesse. Il faut plutôt tenter d'en parler afin de pouvoir retrouver cet être cher manquant, pour plusieurs personnes, qui n'ont jamais osé faire un retour sur ce passé douloureux, à cause d'une promesse.

Merci à Mme St-Pierre et souhaitons que cette émission fera en sorte que des retrouvailles pourront avoir lieu pour Mme Lili Cotton et sa famille .

N'hésitez pas à commenter et à partager la page de l'émission en grand nombre et n'oubliez pas: « Aidez-nous à vous aider! »

Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour la sonorisation et pour la pièce musicale « Je chante pour toi ce soir » interprétée par Ginette Reno.

Merci aussi au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l’émission.

Il est possible de vous procurer le livre de Mme Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Mme Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.

Marthe Charest

Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003



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