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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 26 avril 2019 – Manon Bélanger, adoptée, AER Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 26 avril 2019 – Mano Bélanger, adoptée, AER

Manon Bélanger, administratrice de AER, adoptée et travailleuse sociale antérieurement, nous raconte son parcours de vie. En tant que personne de couleur, adoptée dans une famille québécoise, elle connaît le fait d'être différente. Elle est d'une famille de 4 enfants, dont 2 enfants biologiques. Elle a appris très jeune la dynamique de "la performance" pour répondre aux critères familiaux et pour plaire en tout temps. Un très beau témoignage. Merci Manon.

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RÉSUMÉ

Mme Bélanger, maintenant à la retraite, était auparavant intervenante sociale. Elle est administratrice sur le site Adoption, Émotions, Retrouvailles et Normay voulait qu'elle nous raconte son parcours de vie.

D'entrée de jeu, elle parle de son milieu de vie adoptif québécois alors qu'elle est une personne de couleur. Dans cette famille, elle était la seule personne de couleur. Quand on dit que les personnes adoptées recherchent des ressemblances, il va sans dire qu'elle les recherchait encore davantage étant crépue, à la peau foncée. C'est la première chose à clarifier.

Elle était la cadette de quatre enfants. Les deux aînés étaient des enfants biologiques et le troisième enfant était adopté, tout comme elle, mais elle l'ignorait. Elle ne l'a su qu'à l'âge de 14 ans.

Nous verrons que cette famille s'est modifiée à plusieurs reprises.

Concernant son père, sa valeur première était le travail. Il était très travaillant. Infirmier de profession, il cumulait souvent des horaires de 6 à 7 jours de travail par semaine ainsi que 2 à 3 emplois, à la fois. C'était donc une valeur fondamentale au sein de la famille à laquelle elle a été beaucoup assujettie.

Du côté de sa mère, elle était aide aux malades, préposée aux bénéficiaires, dirait-on, de nos jours. Elle travaillait de 0:00-8:00 et son père, lui, de 16:00 à 0:00 et faisait souvent des heures supplémentaires.

Cette valeur du travail a donc joué un rôle prépondérant dans sa vie d'enfant, d'adolescente, d'adulte, bref, tout au long de sa vie.

Malgré le fait que ses deux parents travaillaient, il y avait une précarité financière, inexplicable. C'était un milieu très exigeant et sévère. Avec les deux parents qui travaillaient, ça demandait une certaine organisation et les enfants devaient donc apprendre à faire de leur mieux tout en se prenant en main, dans ce contexte.

Il y avait une bonne différence d'âge entre les enfants. Celui qui la précédait avait 5 ans de plus qu'elle, l'autre 9 ans de plus et l'aîné avait 13 ans de plus. Alors, prendre ses responsabilités est arrivé à un très jeune âge, chez eux, et pour elle. Elle devait exceller en tout. Les demi-mesures n'étaient pas acceptées. À l'école, elle devait performer au maximum. Elle a appris très tôt dans sa vie à répondre aux critères parentaux.

Son frère qui la précédait avait des difficultés scolaires importantes. Plus tard, elle a compris qu'il allait dans une école spéciale. Un moment donné, elle a vu sa mère s'emporter parce qu'il ne comprenait pas sa matière et elle lui a brisé un coffre à crayons en bois sur la tête. Cet épisode l'a traumatisée; elle se disait que l'école n'avait l'air en rien réjouissant et elle avait peur de la commencer, par conséquent. Elle nous a donné cet exemple afin de démontrer à quel point ils devaient répondre aux demandes parentales.

L'année suivante, c'est elle qui devait faire son entrée à l'école. Heureusement, elle n'éprouvait pas de difficultés scolaires et aimait l'école. Cependant, à cause de sa différence, son parcours a été difficile. Elle est née en 1955 et les premiers enfants de couleur qu'elle a vus étaient en 1966, à ses 11 ans, et des adultes, à l'Expo '67, à ses 12 ans. Elle était donc toujours la seule de couleur et était donc l'objet de railleries. C'est lors de sa première journée d'école qu'elle a vraiment pris conscience qu'elle était noire, différente des autres, et a demandé à sa mère pourquoi elle ne le lui avait pas dit.

Elle a expliqué ce contexte pour dire que lorsqu'on est une personne adoptée, on veut répondre aux demandes, aux exigences parentales. On veut leur plaire, on veut être aimé et on a peur d'être abandonné, à nouveau. À la fois comme personne de couleur et comme personne adoptée, pour être aimée, elle devait être gentille, aimable, charitable. Elle devait aider les autres et être meilleure en tout. À la maison, on exigeait d'elle d'excellents bulletins scolaires. Ses souvenirs sont très présents à partir de ses 5 ans. Elle présume que les autres ont dû suivre les mêmes consignes qu'elle mais l'écart d'âge entre eux était trop grand pour qu'elle puisse s'en rappeler.

En tant que personne adoptée, le sens de l'observation est particulièrement aiguisé. Quand elle se réfère à cette période, vers ses 5 ans et plus, elle se décrit comme étant un radar continuellement en alerte.

Très jeune, elle a commencé à observer autour d'elle. À travers les différents événements du quotidien, elle vivait de l'angoisse et de l'insécurité. Comme son frère ne suivait pas les consignes autant scolaires que disciplinaires, il avait droit aux corrections physiques. Elle assistait à ces punitions et réalisait que sa mère était fatiguée, qu'elle allait travailler donc, elle aidait beaucoup dans la maison pour alléger ses tâches car elle trouvait que sa mère semblait malheureuse et inspirait la pitié. À 8-9 ans déjà, elle se disait qu'elle ne se marierait pas et ne serait pas une maman.

Elle observait dans son environnement familial et à l'école, les ami(e)s, le non verbal, le comportement et pouvait, par conséquent, s'adapter aux différentes situations.

En tant que personne adoptée et de couleur, elle était sans cesse tel un radar, à tout surveiller, pour savoir où se placer les pieds, pour savoir comment se comporter, comment réagir. Elle était toujours à l'affût de ce qu'il allait se produire.

Elle ressentait toujours une grande peur du rejet et cette crainte s'est accentuée à ses 11 ans. Maintenant, elle sait que ses parents étaient devenus famille d'accueil mais elle ne le savait pas, à cet âge-là. Sans avertissement, sans tambour ni trompette, au retour de l'école, il y avait deux jeunes enfants de couleur de 2 ans chez elle. Elle en était bien stupéfaite! Sa mère lui aurait dit que leurs parents étaient décédés. Alors, elle est devenue une jeune maman de 11 ans, bien rapidement, car ses deux parents travaillaient toujours autant.

Dans cette même année-là, Gaétan, nom fictif, son frère, alors âgé de 16 ans a été mis à la porte et elle en a été marquée. Ses craintes de l'abandon, du rejet ont été amplifiées d'autant plus qu'elle se demandait si pareil sort lui serait réservé. Ce fut donc une famille fertile en rebondissements dont ces deux-ci, les enfants de 2 ans et le départ de son frère avec lequel elle avait établi un lien de complicité. Elle apprend encore, par hasard, tout comme pour les enfants, sa mise à la porte. Cet événement l'a tourmentée pendant plusieurs années. Elle espérait toujours le revoir soit à l'école, voisine de la sienne ou alors où elle gardait ou peut-être aux Fêtes etc...

Elle se questionnait toujours à son sujet parce qu'il était disparu pour elle comme un fantôme alors qu'ils avaient développé des liens étroits. Elle perdait son complice et ça venait exacerber sa peur d'être exclue. Heureusement, à l'époque, elle ne savait pas encore qu'il était adopté car sans doute sa réaction aurait été encore plus vive pensant qu'on pourrait lui servir la même médecine...

En tant que personne adoptée elle-même, tous ces éléments et tous ces événements vécus sont venus amplifier ce que la plupart des personnes adoptées vivent dont toujours la peur de l'abandon, du rejet. Elle devait exceller encore davantage mais était-ce possible de le faire obtenant des rendements déjà optimaux? Elle se devait de placer la barre encore plus haut.

Elle a pensé devoir économiser des sous toujours en se demandant où était Gaétan, peut-être chez des amis, et prévoyante, elle s'est mis en tête qu'elle devait se préparer. À 10 ans, elle gagnait des sous en faisant du gardiennage. Elle faisait aussi de petits boulots, très jeune, pour assurer sa sécurité future, pensait-elle.

Le troisième chamboulement, leur fille biologique a été aussi mise à la porte. Elle était adulte, autonome et pour une raison qui lui était inconnue, rien de majeur ni grave, mais à l'époque, c'était inaccepté; on lui a donc montré la porte, une autre de la famille quittait alors les rangs! C'était donc le deuxième départ, le troisième, en fait, parce que l'aîné aussi avait eu un conflit avec son père mais c'est flou, dans sa mémoire, et de toute façon, il valait mieux ne pas poser de questions... Ça fait de nombreux chambardements à absorber alors qu'à cet âge, à ses 14 ans, elle a appris son statut de personne adoptée. Elle ne connaissait rien de son histoire et ressentait que le sujet de l'adoption était tabou. Elle était réglée au quart de tour. On ne parlait pas de n'importe quoi et n'importe comment. Elle avait son horaire bien établi à la maison soit celui de la « maman », de l'étudiante, de la gardienne etc. Elle continuait toujours de fonctionner en étant sur le radar cherchant le bon moment où son père serait absent et où elle pourrait aborder la question de l'adoption.

Elle avait été témoin de la mise à la porte de sa soeur, de leur fille biologique. Elle était à l'extérieur et entendait crier. Elle pleurait et entendait tout ce qui se disait. Sa soeur criait aussi en tenant tête à son père, qui lui a alors montré la sortie, qu'elle a prise en claquant la porte.

Dans la même année, un peu plus tard, elle se décide donc de poser des questions. Elle est devenue plus anxieuse car leur propre fille avait été mise à la porte. Son tour arriverait-il? Dans sa tête, commençaient à germer des projets. Elle se ramassait toujours des sous. Elle avait deux bonnes amies, assez proches, et se disait que si elle état mal prise, leurs parents pourraient peut-être la prendre parce qu'ils semblaient l'apprécier. Elle se faisait des scénarios.

À 14 ans, elle a donc su qu'elle avait été adoptée car elle a posé la question à sa mère. Elle ne l'a pas appris de la bonne façon. Elle lui a répondu que sa mère biologique ne l'avait pas gardée parce qu'elle était noire. Elle avait toujours des problèmes avec sa couleur donc ce que sa mère adoptive venait de lui révéler n'avait rien pour la réjouir; ce fut tout un coup dur! Elle a appris que sa mère était blanche et son père était noir et elle ne voulait pas la garder.

À 14 ans, elle ne pouvait pas rationaliser le fait que sa mère biologique avait eu un enfant hors mariage, en 1955, et avait donné naissance à un enfant de couleur, par surcroît. Sa mère adoptive en lui avouant qu'elle l'avait « abandonnée » à cause de sa couleur, faisait en sorte que bien sûr elle se révolte et ne désire pas la rechercher, en lui donnant une telle raison. Une fois adulte, elle a compris que c'était une façon de l'influencer négativement pour entreprendre des recherches pour sa mère, pour qu'elle leur soit redevable. Ainsi, elle s'assurait de sa loyauté sans bien sûr penser aux répercussions que ça pouvait avoir sur sa personnalité, pour sa propre évolution en plus de tous les autres remue-ménage qui s'étaient déroulés sous ses yeux. Elle a pensé à elle plutôt qu'au bien-être de son enfant, touchant sa corde sensible. Elle a bien été avisée de ne plus jamais poser de questions sur l'adoption. Manon l'a respectée. Elle n'a jamais pu dire non plus tout ce que ces remous avaient créé dans son être et à quel point c'était lourd à porter. Avec le recul, au fond d'elle-même, bien honnêtement, elle ne lui a pas pardonné; elle l'admet et le reconnaît.

Elle n'a jamais été évincée de la cellule familiale parce qu'elle accomplissait toujours des prouesses d'excellence, très appréciées par ses parents. À ses 16 ans, elle a eu connaissance, un moment donné, que sa mère pleurait. Elle a eu vent qu'il y avait des difficultés financières, toujours inexpliquées, compte tenu des rentrées d'argent imposantes. Elle ne pouvait tolérer les pleurs de sa mère, la prenait en pitié, donc, elle a donné presque tous ses avoirs afin que son père puisse payer sa voiture.

Toutes ces situations ont fait en sorte qu'elle gagne une maturité rapidement. Le fait de performer l'a aidée dans sa vie d'adulte, dans son travail. Dans une famille fonctionnelle tout comme dysfonctionnelle, souvent, les mêmes choses se vivent. Elle a compris qu'elle ne devait compter que sur elle-même, qu'elle devait économiser de l'argent, qu'elle devait travailler, exceller, plaire, qu'elle devait se faire aimer, accepter etc.

À 24 ans, malgré tous les malgrés, elle a voulu connaître ses origines et a décidé qu'elle ferait une démarche de retrouvailles. Même si elle était intervenante au Centre jeunesse de Montréal, elle ne parlait jamais de son adoption parce que ça aurait pu lui nuire au niveau de son travail. Elle s'était bâtie une « fausse identité » pour parer à toute éventualité de la part de ses collègues, en disant que sa mère était noire et que son père était blanc, avec le nom de famille Bélanger, tout étai correct; de cette façon, elle esquivait les questions potentielles.

En 1980, à ses 24 ans donc, elle entreprend une démarche de retrouvailles et sa maman d'origine s'était inscrite au Centre jeunesse, à ses 18 ans, mais elle ne le savait pas. Elle n'aurait jamais imaginé pareille histoire! C'est la beauté de la chose! Elle a eu droit à des retrouvailles parce qu'il y avait concordance et ce, seulement après 3 mois 1/2 d'attente! Elle a donc pu retrouver cette maman qui, soi disant, n'avait pas voulu d'elle dans sa vie, en raison de sa couleur, ce qui était totalement faux.

Ce fut alors pour elle un apaisement de la connaître; ce fut la fin de son tourment existentiel, ce qui lui a enlevé un poids énorme et lui a permis de s'aimer davantage bref, une réconciliation avec elle-même. Enfin, elle a pu connaître son histoire, sa réalité, sa vérité et elle a alors compris pourquoi on lui avait menti car sa mère adoptive et sa mère biologique étaient deux très grandes amies.

C'est une histoire particulière mais c'est la sienne et c'est la vraie raison pour laquelle sa mère adoptive ne voulait pas qu'elle retrouve ses véritables origines.

Suite à leurs retrouvailles, les ponts ont été rompus avec sa mère adoptive. Elle savait qu'elle apprendrait plusieurs éléments dont une pension payée par sa mère d'origine, qui a fait confiance à sa grande amie. Quelle trahison! Ici, la réalité dépasse la fiction...

Tout au cours de sa vie, sa mère d'origine l'avait en fait recherchée; elle disait qu'elle pourrait la reconnaître. Elle l'avait retrouvée dans la cour de récréation de l'école primaire et, quand elle l'a appelée par son prénom qu'elle avait conservé, de l'autre côté de la clôture, Manon n'est pas allée vers elle. Malheureusement, sa mère d'origine est allée rencontrer la soeur directrice, qui était très proche de sa mère adoptive, qui lui aurait révélé la « visite surprise » de sa mère de naissance.

À ses 25 ans, sa mère et elle se sont présentées au presbytère de la paroisse où elle habitait, enfant, et, sans avoir le droit, en principe, elle a pu recevoir une copie de son certificat de naissance, enregistré au nom de sa mère biologique, qui s'est faite insistante, persuasive. Elle a raconté leur histoire de retrouvailles et la fausse histoire que sa fille avait dû vivre pendant un quart de siècle. La réceptionniste a été très impressionnée par elles, a finalement accepté et elles lui ont dit qu'elles ne révéleraient rien à propos de cette copie.

La vie lui a permis de découvrir, de connaître sa mère d'origine pendant 18 ans. Elle est décédée en 1998. Elles ont été très amies, complices, confidentes, l'une pour l'autre.

Tout son vécu, ses difficultés, ses différences, ses chaos déstabilisants bref, sa vie fertile en rebondissements, lui ont donné un aplomb, une solidité qui l'ont sans doute menée vers sa profession en travail social et lui ont apporté une force de caractère pour les coups durs que la vie réserve.

D'autres entrevues suivront avec Manon et Normay au cours desquelles, grâce à son expertise comme intervenante sociale sur plus de trois décennies, Manon abordera avec Normay le sujet des comportements des personnes adoptées, ceux des parents adoptifs et des mères d'origine, groupes d'individus qu'elle a rencontrés, dans l'exercice de ses fonctions. Ces sujets seront développés dans des entretiens ultérieurs.

En conclusion, Manon a dit: « Que les personnes adoptées aillent de l'avant pour chercher leur histoire, leur vérité. Levons le voile et sans crainte! » Le même message s'adresse également aux mères biologiques, de rajouter Normay.

Bravo pour sa résilience, sa tenacité et pour son courage et, à toute la grande famille du Mouvement Retrouvailles et à celle d'Adoption, Émotions, Retrouvailles (AÉR), elle apportera un réconfort.

Merci à Mme St-Pierre et merci à Mme Bélanger

Partagez la page de l'émission en grand nombre et n'oubliez pas: « Aidez-nous à vous aider! »

Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour la sonorisation et pour la pièce musicale « Mélancolie » interprétée par Yves Duteil.

Merci aussi au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l’émission.

Il est possible de vous procurer le livre de Mme Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Mme Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.

Marthe Charest

Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003



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