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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 23 novembre 2018 – Marie-Josée Robert, auteure Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 23 novembre 2018 – Marie-Josée Robert, auteure

Normay s’entretient avec Marie-Josée Robert, auteure indépendante. Elles nous parlent de ce tout récent bébé « Les clairs-obscurs d’un secret », roman fictif basé sur des faits vécus, notamment par son père qui a été adopté après avoir été ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil. Son père est un orphelin de guerre qui a vécu avec des chocs post-traumatiques tout au long de sa vie.

Pour se procurer un exemplaire du livre, visitez la page : https://mariejoseerobert/boutique/ Pour tout commentaire : info@mariejoseerobert.ca

Bonne semaine et bonne écoute

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RÉSUMÉ

Mme Robert vient de publier son livre, au début de novembre, à compte d'auteure. Bébé vient de venir au monde mais la grossesse fut longue et l'accouchement difficile! Il y a eu écriture et réécriture, le tout sur une période de 3 ans et demi.

Le titre du livre est « Les clairs-obscurs d'un secret ». C'est un roman fictif inspiré du vécu de son père, son histoire. Elle a commencé à écrire il y a 20 ans. Pour ce livre-là, elle y a travaillé plus particulièrement dans les derniers mois de vie de son père qui est décédé le 25 décembre 2014.

Au cours des dernières années de sa vie où il était très malade, plus son père s'approchait de la fin, plus il revivait les premières années de sa vie. Mme Robert en apprenait alors toujours plus sur ses traumatismes et, par conséquent, l'urgence d'écrire son livre s'imposait davantage.

Avant sa maladie, il était totalement interdit de parler de son statut. C'était un secret absolu. Elle a respecté son choix de garder le silence car c'était quelque chose de très souffrant pour lui. Elle fut la seule de ses enfants à qui il a révélé qu'il avait été adopté. Ce fut un moment solennel où elle a juré de ne jamais divulguer son secret. Elle était très curieuse et était celle qui posait le plus de questions, dans la famille. Il lui a quand même témoigné un beau geste de confiance.

Son père a eu une vie complexe et malheureuse. Il a été ballotté d'une famille d'accueil à une autre et, par la suite, il a été adopté. Ce dont Mme Robert a surtout voulu parler dans son livre était la mise à jour d'une problématique dont on ne parle jamais en rapport avec l'adoption à savoir les orphelins de guerre et plus spécifiquement les orphelins de la Deuxième Guerre mondiale.

C'était à l'époque des Orphelins de Duplessis mais pour son père, il était question des orphelins de guerre. En faisant des recherches, elle a acquis la certitude que son père était un orphelin de guerre, venu d'Europe. Qui dit orphelin de guerre dit aussi troubles de stress post-traumatique (TSPT) pour la personne mais aussi subis indirectement par son entourage. Ses yeux étaient ce qui l'a marquée le plus. Il avait un regard bienveillant et tout à coup, peu de temps par la suite, il pouvait avoir un regard hagard voire même presque hostile.

Il était hypervigilant comme tous ceux qui ont vécu un choc post-traumatique. Il était en état d'alerte permanent et trouvait que l'insouciance était intolérable, insupportable. Mme Robert ouvre ici une parenthèse comparative à savoir qu'un soldat qui est allé à la guerre subira un choc post-traumatique mais il a pu vivre une normalité auparavant. Pour un jeune enfant de 2-3 ans, en l'occurrence son père, il a construit son identité, sa personnalité sur son traumatisme. Pour lui, l'hypervigilance n'était pas le symptôme d'une maladie; c'était quelque chose de normal, une valeur qu'il voulait et devait inculquer à ses enfants. Son choc post-traumatique a été permanent; il l'a suivi toute sa vie durant, ce qui fut pénible pour lui mais aussi pour son entourage. À l'époque où elle a grandi, les troubles de stress post-traumatique étaient méconnus.

Dans les derniers mois avant son décès, son père lui aurait dit que toute sa vie, il avait eu l'impression que sa mère était décédée de manière violente. Il n'avait jamais osé le dire auparavant. À chaque fois qu'il revivait des moments forts de son enfance, il tombait dans un état catatonique, devenait semi-comateux et devait ensuite être admis à l'urgence de l'hôpital, pour quelques jours.

Elle n'a pas accès au dossier d'adoption de son père mais de toute manière, celui-ci a été falsifié et, même si elle avait le droit d'avoir le nom des parents d'origine, elle ne serait pas plus avancée. Sa date de naissance est fausse également. Elle n'a aucune information vraie. À son avis, il serait né en Europe. Avec l'ADN, il serait peut-être originaire de l'Allemagne, des Pays-Bas, de l'Écosse mais elle ne sait pas d'où précisément. Elle a déjà fait une demande au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) mais sans véritables informations de départ, on n'a pas pu l'aider.

Son père a vécu avec ses traumatismes sans se donner le droit de pouvoir s'exprimer, sans en parler. Mme Robert a dû se montrer insistante et trouver de bons arguments avant de pouvoir en parler mais seulement avec lui. Il avait peur de la psychiatrie, croit-elle. Il aurait peut-être fait un séjour en psychiatrie, avant son adoption, mais elle n'a pas de preuve formelle de ce qu'elle avance.

Sa famille adoptive demeurait à la campagne, et, n'ayant pas un bagage de connaissances très élaborées en psychologie, elle n'a pas pu aider son père en ce sens. Ses parents étaient bons et ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient avec les ressources qu'ils avaient.

Le programme nazi « Lebensborn » (fontaine de vie) qui a eu cours pendant toute la Seconde Guerre mondiale, a été davantage connu en Europe qu'en Amérique. Il s'agissait de faire augmenter le taux des naissances mais tout en épurant la race aryenne. Il y avait des « usines » à bébés où l'on encourageait fortement les mères à avoir le plus d'enfants possible. Les pères étaient souvent des officiers SS. Ils devaient prouver leur ascendant sans tache sur une période remontant à 200 ans. Il y a eu aussi des opérations systématiques d'enlèvements d'enfants (on parle de 250 000), qui répondaient aux critères raciaux des nazis et ce, à travers toute l'Europe. Il y a eu des orphelinats et des crèches en Allemagne, en France, entre autres.

Il n'y a pas de dossiers sur les orphelins de guerre. C'est en cumulant des éléments, ici et là, qu'elle en arrive à la conclusion que son père était orphelin de guerre.

Dans un autre ordre d'idées, après la mort de son père, elle s'est donné le droit à la parole, ce fut libérateur. Un secret gardé si longtemps, devoir toujours se taire finit par avoir plusieurs répercussions qui atteignent, entre autres, les relations futures.

Mme Robert aimerait lancer un appel aux personnes concernées par les orphelins de guerre, des gens qui pourraient l'être eux-mêmes car elle a un projet pour l'écriture d'un deuxième livre où elle aimerait recueillir des témoignages, des histoires de vies de d'autres orphelins de guerre, des Vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, par exemple, sans les nommer, bien sûr.

Pour vous procurer un exemplaire de son livre, visitez sa page:
https://mariejoseerobert.ca/boutique/

Pour tout commentaire ou pour répondre à son appel, vous pouvez le faire à l'adresse suivante:
info@mariejoseerobert.ca

Merci à Mme Normay St-Pierre et merci à Mme Marie-Josée Robert pour nous avoir ouvert les yeux sur la problématique des orphelins de guerre dont on ne parle pas.

Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour la sonorisation et pour le choix de la pièce musicale « Lettre à mon père » interprétée par Yves Duteil. Merci aussi au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l’émission.

Il est possible de vous procurer le livre de Mme Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Mme Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.

Marthe Charest

Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003


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