Abonnez-vous à notre web radio sur soundcloud

  Abonnez-vous à notre chaîne YouTube


Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 13 avril 2018 - Lyne Perron, A.E.R. Imprimer cette page

Partager

Émission “Loin des yeux, Près du cœur” du 13 avril 2018 – Lyne Perron, A.E.R.

Cette semaine, Normay et Lyne nous parlent des différentes raisons qui amènent certains parents à refuser les retrouvailles ou à nier la maternité ou la paternité. Dans tous les cas, les blessures du passé remontent à la surface et plusieurs ne peuvent pas surmonter cet obstacle. Le refus n’est pas axé sur le rejet de son enfant, mais plus précisément sur ses craintes à eux.

Normay et Lyne discutent autour de ce sujet délicat, mais combien important.

On invite également les gens intéressés à rejoindre une salle de clavardage le jeudi soir, de 21h00 à 23h00, sur Clavardage A.E.R.

Bonne écoute et merci de partager.

Pour écouter votre émission :

N’hésitez pas à commenter et à partager!

RÉSUMÉ

Thème abordé cette semaine:
Les diverses raisons invoquées par les mères d'origine pour refuser des retrouvailles

Les mères de naissance retardent l'issue des retrouvailles, les refusent ou sont dans le déni de leur maternité. Elles ont vraiment peur et ont besoin d'un temps de réflexion avant de dire OUI à leur enfant. Elles ont vécu un traumatisme grave.

Les mères sont devenues enceintes accidentellement, ont été abandonnées par le père de l'enfant, souvent par leur famille aussi et ont été forcées de confier leur enfant à l'adoption. Elles ont donc dû faire le deuil de leur enfant qui n'était pas décédé, ne sachant rien de ce qu'il adviendrait de lui, par la suite, après l'avoir porté pendant neuf mois. Est-il un Orphelin de Duplessis, a-t-il été adopté si oui dans quel genre de famille, a-t-il été aimé et heureux, s'est-il bien intégré, est-il en santé? etc.

On ajoute toutes ces interrogations et inquiétudes au deuil à vivre, ce qui a été et est donc encore une épreuve difficile à surmonter. De plus, elles ont vécu le jugement de la société, du clergé et de la population en général, à l'époque. La relation sexuelle ne devait pas exister hors des liens du mariage. Les femmes qui transgressaient cette règle et qui devenaient enceintes étaient laissées-pour-compte et devaient subir le déshonneur qui en résultait, ce qui était très lourd à porter, dans le passé, et même encore aujourd'hui, dans leurs souvenirs.

De nos jours, quand le Centre jeunesse communique avec une mère d'origine, si elle a mis au monde un enfant dans les années '50, '60, '70, elle revient avec la charge émotive du temps qui, elle, se réveille, d'un bond, alors qu'elle tentait d'oublier cette séparation « crève-coeur », pour souffrir moins.

Aussi, la mère de naissance ne peut pas toujours parler librement lors du contact avec l'intervenante du Centre jeunesse. Parfois, le conjoint se trouve aux alentours et n'est pas au courant du passé de son épouse. Il pourrait donc y avoir un refus dans pareille situation, la mère voulant en terminer le plus rapidement possible avec cet appel qui peut paraître mystérieux.

Une mère peut aussi ressentir l'incapacité de revivre, d'affronter à nouveau tous ses vieux « démons » du passé et tous les sentiments vécus d'alors, qui lui reviennent en mémoire, d'un coup, suite à un appel.

On peut imaginer, par exemple, une personne qui se fait attaquer dans la rue. Elle demeurera traumatisée, bien sûr! Elle se rappellera, dans son esprit et dans son corps, l'odeur, les bruits de pas, la voix, le souffle court et tous les détails relativement à l'agression et à l'agresseur, ses sens étant en hyper vigilance. Même si cette victime se trouve dans un lieu paisible, dans un contexte de non violence, sans criminalité, si elle entend les mêmes bruits que lors de l'agression, les souvenirs de la peur vécue remonteront à la surface. Il en va de même quand on ramène à la mère un fait, un événement directement lié à son traumatisme. La peur, la peine, la culpabilité et la honte ressuscitent et elles vivent alors une turbulence émotionnelle.

Si une mère est âgée entre 70-80 ans et plus, pour elle, cet événement secret du passé devait rester secret, c'était une promesse. Quand elle reçoit un appel du Centre jeunesse, elle s'interroge à savoir à qui elle peut faire confiance car on lui avait promis de garder cette naissance secrète, dans les années où elle avait mis son enfant au monde. Une pure étrangère, à l'autre bout du fil, même si elle lui annonce avec toute la délicatesse possible qu'elle sait et a réussi à la rejoindre, l'a retrouvée même avec de fausses indications, alors qui d'autre est au courant? Ce secret ne devait pas être divulgué; elle ne comprend pas et elle tombe sous le choc car un film se déroule alors dans sa tête, en accéléré.

Le refus plane toujours autour de ces facteurs, principalement, et, dépendamment de la force de caractère de la mère, elle peut avoir la capacité de dire: « C'est mon enfant, j'ai eu mal et j'y ai pensé pendant toute ma vie alors, je dis OUI à mon enfant; je nous donne cette chance-là. » Elle vivra du bonheur et même si toutefois la relation ne durait pas dans le temps, pour x raison, elle sera libérée de ses inquiétudes du passé et saura ce qu'est devenu son enfant. Les deux parties concernées auront aussi des réponses à leurs questions. C'est un plus, de part et d'autre, de dire OUI.

Dans les premières minutes de l'appel du Centre jeunesse, la mère ne pense pas et ne comprend pas qu'il sera libérateur de dire OUI. Elle pense plutôt comment a-t-on fait pour me retracer et qui d'autre est au courant de mon passé, comment vais-je le cacher maintenant? Les préoccupations premières qui la tracasseront sont le fait que son mari et/ou ses enfants ignorent cette situation et que devra-t-elle faire?

Vivant dans le secret et dans les mensonges, depuis tant d'années, si les mères ne veulent pas parler de leurs démarches à personne, il n'y a pas de problème. Elles peuvent rencontrer ou écrire à leur enfant de façon anonyme. Qu'elles ne privent pas leur enfant de ce beau cadeau de la vie! De toute manière, les mères qui refusent auront encore plus de chagrin et finiront leurs jours dans la peine, la tristesse et sans la paix intérieure qu'elles mériteraient, malheureusement.

Cependant, il y a des situations pour lesquelles il est préférable de refuser des retrouvailles comme dans les cas de mères victimes de violence conjugale et/ou familiale. Il serait à souhaiter qu'elles puissent trouver un temps de solitude pour échapper à leur « bourreau » et où elles pourraient alors rédiger une courte lettre
« en cachette », un message de quelques lignes tout au plus, en glissant une photo récente ou ancienne si elles ne veulent pas se faire reconnaître. De cette façon, l'enfant devenu adulte aurait au moins un visage avec lequel s'identifier et aurait une consolation au lieu d'être toujours dans le flou, dans la brume... Les mères n'ont pas à écrire une adresse de retour ou un numéro de téléphone car ça pourrait être compromettant. Les Centres jeunesse offrent ce service d'échange de courrier anonyme. Il y a également Internet où plusieurs personnes, même octogénaires, ont accès, de nos jours. Si on retrouve les échanges de messages après la mort, on ne peut rien y changer alors pourquoi ne pas en profiter.

Quand la mère est hésitante ou refuse, la travailleuse sociale peut lui dire de ne pas donner de réponse définitive, qu'elle peut encore réfléchir et lui donner suite, quelques semaines après, à sa convenance, afin de ne pas répondre impulsivement.

Il faut comprendre que les personnes adoptées recherchantes sont préparées, bien aidées et accompagnées et ont toutes une longueur d'avance sur leur mère, par exemple, qui, en quelques minutes, suite à un appel, met en marche la machine à remonter dans le temps et voit sa vie basculer du tout au tout.

Mme Perron mentionne que les parents d'origine qui se sont mariés après l'adoption de leur enfant, refusent souvent les retrouvailles parce que les blessures sont doublées. Ils connaissent tous deux l'histoire avec le lourd fardeau du secret qui s'y rattache mais ne l'ont jamais partagé avec quiconque et parfois pas même entre eux, dans leur couple, car en ressassant ces souvenirs, les émotions vécues sont trop douloureuses et l'intensité est multipliée par deux.

Il faut bien distinguer que la mère ne refuse pas son enfant, non, le refus est axé sur ses propres craintes; elle se sent impuissante à surmonter ses propres blessures du passé. C'est envers elle-même qu'elle se juge et se sent inadéquate. Même si on le sait, il n'en demeure pas moins que ça n'efface pas la peine et c'est dévastateur pour la personne adoptée.

Il y a également la mère à qui l'on a dit que son bébé était décédé donc, elle en a fait son deuil, au cours de sa vie, même si elle ne l'a jamais oublié et, tout à coup, avec l'appel du Centre jeunesse, on lui revient avec ses blessures de plusieurs décennies passées. Elle ne sait plus qui croire et est toute désemparée. Son enfant est-il vraiment vivant? C'est tout un choc! Il y a alors plusieurs refus dans ces cas particuliers mais il y a aussi des mères qui ont accepté de revenir sur leur décision, plus tard, à un moment qui leur était plus opportun.

Salle de clavardage (chat) sur Adoption, Émotions, Retrouvailles (AÉR):

Pour vous rendre sur la salle de clavardage d'AÉR, vous devez vous inscrire à chaque semaine, le jeudi, où un message de « Bienvenue sur la salle » sera placé sur la page Facebook d'AÉR, à compter de 20h55 environ. La salle ouvre à 21h00 et ferme à 23h00. Au plaisir de vous y rencontrer virtuellement! On se présente en disant qui on recherche ou alors, on peut simplement dire qu'on observe et poser des questions ou non. C'est un bel endroit pour échanger des parcours de vie et pour apprendre à comprendre et/ou à intégrer ceux des autres.

Colloque du Mouvement Retrouvailles:

On fait un rappel du colloque du Mouvement Retrouvailles qui célèbre ses 35 ans d'existence, le 5 mai, à Longueuil. Toutes les informations sont sur la page Facebook du Mouvement Retrouvailles: https://www.facebook.com/MouvementRetrouvaillesAdopteesNon…/
ainsi que sur le site officiel du Mouvement Retrouvailles:
www.mouvement-retrouvailles.qc.ca

Merci à Mme Normay St-Pierre et merci à son invitée Mme Lyne Perron pour cette entrevue très intéressante. Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour son choix de chanson « De plus en plus fragile » interprétée par Ginette Reno.

Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l’émission.

Il est possible de vous procurer le livre de Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest

Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003



<< Retour


Mouvement Retrouvailles - adopté(e)s - non adopté(e)s - parents
Casier postal 47002
Lévis (Québec)
G6Z 2L3

Caroline Fortin, Présidente et coordonnatrice
Téléphone : 418 903 9960
Téléphone : 1 888 646 1060 (sans frais)
Télécopie : 418 834 9627

Téléchargez notre logo ou bannières

© 1996-2018 Mouvement Retrouvailles. Tous droits réservés, reproduction interdite.