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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 22 juin 2017 Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 22 juin 2017 – Judy et Caroline Fortin

En cette dernière émission de la saison, dans un premier temps, Normay reçoit Judy, adoptée à l'âge de 6 jours, née à l'hôpital St.Mary's de Montréal, le 28 novembre 1962. Elle nous raconte son histoir et l'évolution dans sa quête d'identité.

Dans un deuxième temps, Caroline Fortin nous parle de l'adoption du projet de loi 113. L'année se termine sur une note positive avec cette adoption tant attendue.

Merci à tous nos auditeurs. On se retrouve en septembre. Passez un bel été!

Pour écouter votre émission :
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RÉSUMÉ

D'entrée de jeu, Normay remercie ses invité(e)s pour leur générosité tout au long de la saison Loin des yeux, près du coeur.

Premier segment de l'émission: Mme Judy
Judy est née le 28 novembre 1962 à l'Hôpital St-Mary's de Montréal. Sa mère d'origine avait 18 ans, à sa naissance, et avait une soeur.

Les parents de Judy ont adopté quatre enfants. Le premier, son frère aîné, a été adopté à l'âge de 9 mois et ils ont eu des problèmes avec lui. Ses parents ont donc désiré pour le deuxième enfant un nouveau-né et c'était Judy. Son père est décédé quand elle avait 14 ans.

L'adoption n'était pas un sujet tabou, dans sa famille. D'aussi loin qu'elle peut remonter dans ses souvenirs, elle a toujours connu son statut d'adoptée et elle n'en a jamais ressenti de différences. Son frère aîné était Irlandais, Judy, une canadienne-anglaise avec des traits irlandais et sa soeur plus jeune était Égyptienne. Il n'y a qu'elle qui a décidé de faire des recherches parmi les quatre enfants.

Elle a été élevée dans une bonne famille, était heureuse, aimée et bien traitée. Cependant, Judy aimerait connaître celle qui l'a mise au monde ainsi que son/leur histoire.

Elle a entrepris ses démarches de recherche en 1985, à 23 ans, avec le Centre jeunesse de Montréal. Son père était grand, roux et militaire. Sa mère mesurait 5 pieds et 7 pouces et avait les cheveux châtains.

Judy a maintenant 54 ans et, tout au cours de ses démarches, elle a recherché des choses différentes selon les âges. À 23 ans, c'était comme un rêve, une idéalisation de sa mère. Au fil du temps, tout au long du processus, les attentes sont devenues plus réalistes.

Sa mère adoptive n'a pas bien accepté qu'elle fasse des démarches de recherches. Aux yeux de Judy, elle paraissait très fâchée alors qu'en fait, elle était plutôt craintive, chose qu'elle ne lui a révélé que récemment.

Judy devait se rendre à CBC, dernièrement, et avait expliqué à sa mère qu'elle n'y allait pas CONTRE elle mais POUR elle, parce qu'elle en avait besoin, à l'intérieur d'elle. Sa mère avait toujours été contrariée par le fait qu'elle recherchait. À 82 ans, il y a quelques semaines, elle a dit à Judy, qui a été très touchée, qu'elle avait eu peur de ses démarches car elle avait craint que les mères d'origine puissent venir reprendre possession de ses enfants.
Sa mère lui a demandé s'il y avait eu des développements en rapport avec la loi 113 et Judy lui a dit oui. S'il y avait des retrouvailles avec sa mère d'origine, Judy voudrait que ses deux mères soient présentes et sa mère adoptive est demeurée étonnée. Elle a répondu que ce n'était pas vraiment sa place, d'une certaine façon.

Judy lui a dit que chacune d'entre elles, dans cette triade, était importante. Les deux mères pourraient donc se poser les questions avec lesquelles elles avaient vécu. Une pourrait remercier d'avoir donné la vie et l'autre, remercier pour avoir pris sa relève et l'avoir élevée. À son tour, Judy pourrait poser ses questions également. C'est rassurant pour tout le monde, en fait, et une belle complicité peut NAÎTRE, à ce moment-là entre les deux mères ainsi qu'avec Judy.

Judy n'a aucune rancune vis-à-vis sa mère, pas même dans ses pensées. Sa mère d'origine lui a donné la vie et elle a fait ce qu'elle a pu avec ce qu'elle pouvait lui offrir, à cette époque. Elle aimerait aussi savoir si elle a des frères et/ou des soeurs. Sa quête d'identité est importante également quant aux ressemblances et au sentiment d'appartenance.

Elle aimerait retrouver aussi sa mère d'origine pour lui dire qu'elle a de bons enfants donc, elle est grand-maman, qu'elle est bien et heureuse dans sa vie. Qu'on le veuille ou non, dit Judy, il y a un lien qui subsiste entre les trois, la mère de naissance, la mère adoptive et elle, l'enfant.

Deuxième segment de l'émission: Mme Caroline Fortin
Félicitations et merci à Mme Caroline Fortin, présidente du Mouvement Retrouvailles (MR) et aussi à son bras droit Mme Réjane Genest, mère adoptive, qui depuis près de vingt ans se battent et se sont impliquées pour obtenir le droit à l'identité des personnes adoptées. Bravo et merci également aux autres présidentes de 1983 à 1998, à Mme Reine Landry, mère d'origine et fondatrice du MR ainsi qu'aux bénévoles.

Chapeau plus spécialement encore à Mmes Fortin et Genest qui ont beaucoup travaillé et longtemps aux mémoires, aux articles de projet de loi, aux consultations, à l'étude détaillée du projet de loi etc. Après toutes ces années d'efforts soutenus, enfin pouvait-on voir une lumière au bout du tunnel! Au final, cette somme de travail a abouti à l'adoption de la loi 113, in extremis. Elle était désirée depuis si longtemps qu'au moment précis de son adoption, Caroline a été envahie par une bouffée d'émotions. Ce qui se passait sous ses yeux, sous sa présidence, était très impressionnant et émouvant, à la fois. Cet instant attendu depuis de nombreuses années, Caroline l'a ressenti comme étant magique, historique. De plus, celles et ceux qui l'accompagnaient avaient eux aussi les émotions à fleur de peau, et pour cause! Caroline nous faisait la comparaison avec une retrouvaille à savoir que nous nous sentons sur un nuage et que tout semble se dérouler comme dans un film, en accéléré, un peu dans un « état second ».

Points particuliers de la loi 113 donnant un aperçu global:
Voici quelques précisions concernant la loi modifiant le Code civil et d'autres dispositions législatives en matière d'adoption et de communication de renseignements adoptée et signée le 16 juin 2017. Ces précisions proviennent du Ministère:

L’entrée en vigueur de la majorité des règles introduites au Code civil et à la Loi sur la protection de la jeunesse est prévue dans 12 mois. Les Centres jeunesse et les Ministères auront besoin de temps pour préparer des formulaires, trouver des effectifs et parfaire leur formation, faire les guides de procédures et ce, pour tous les Centres jeunesse de la province. Il n'y a pas eu beaucoup de détails du côté administratif des Centres jeunesse mais on ne veut pas que les procédures s'étirent indéfiniment. Il y a eu déjà beaucoup d'attente! Dans ces 12 mois, il y a possibilité que les parents décédés soient priorisés dans les dossiers. Si la mère d'origine est décédée, qu'il y ait veto ou non, il POURRAIT y avoir traitement de ces dossiers en priorité également. C'est ainsi que le veto tombera et l'information sera disponible.

La période moratoire prévue de 12 mois entre en vigueur en juin 2018 en ce qui a trait à l'identité d'origine. Les mères d'origine peuvent garder leur droit de veto mais peuvent toutefois donner des informations, des antécédents sociobiologiques et/ou fournir une histoire de la naissance et de l'adoption, si elles ont pu en prendre connaissance, s'il y a lieu.

Cette loi prévoit, notamment, un renversement de la règle actuelle du secret absolu entourant l'identité des personnes ayant donné un enfant en adoption au Québec. Ainsi, à compter de juin 2018, les personnes adoptées pourront désormais connaître leurs noms et prénoms donnés à la naissance ainsi que l'identité de leurs parents biologiques, si ceux-ci sont décédés depuis un an ou plus et lorsque les renseignements sont disponibles.

Si les parents biologiques sont vivants et qu'ils n'ont pas inscrit un refus à la communication de leurs renseignements entre juin 2018 et mai 2019, leur identité pourra être dévoilée à partir de juin 2019 à leur enfant biologique qui en fait la demande. La loi prévoit également la possibilité d’obtenir les renseignements permettant de prendre contact entre la personne adoptée et ses parents biologiques.

Les personnes adoptées à partir de 14 ans ont droit à leur identité. Cependant, au Mouvement Retrouvailles, nous croyons qu'en pleine crise d'adolescence et en crise identitaire ce n'est pas le temps propice pour des retrouvailles. En conséquence, on ne traitera la demande d'une personne mineure que si elle provient du parent adoptant.

Également, les demandes de fratrie devraient être traitées dans tous les Centres jeunesse.

Les demandes seront probablement centralisées en Montérégie. Bien sûr, le Mouvement Retrouvailles et ses bénévoles seront toujours là pour les gens qui ont besoin d'informations, d'accompagnement et de soutien.

Si une personne est née au Québec, que le jugement d'adoption a été prononcé au Québec et que cette personne réside hors Québec, elle sera soumise à la loi en vigueur qui prévaudra au Québec.

Ainsi, entre juin 2018 et juin 2019, les parents ayant donné un enfant en adoption avant juin 2018 qui ne désirent pas que leur identité soit divulguée pourront inscrire un refus à la divulgation. Toutes les demandes faites avant juin 2018 seront traitées selon la loi actuelle. Il manque encore certaines informations.

D'autres détails suivront, au fil du temps. Rendez-vous sur le site du Mouvement Retrouvailles https://www.facebook.com/MouvementRetrouvaillesAdopteesNon…/
pour lire les nouvelles dispositions, s'il y a lieu.

Des félicitations et des mercis pour la belle collaboration de Mme Nathalie Vallée, ministre de la Justice, de Mme Véronique Hivon, députée de Joliette et porte-parole de l'opposition officielle en matière de Justice et de M. Simon Jolin-Barrette, député de Borduas porte-parole en matière de Justice pour le 2e parti de l'opposition officielle.

Merci aussi à Mme Diane Poitras, Mme Carole Binette et Mme Raymonde Blouin-Ratté, entre autres.

Étaient présent(e)s à l'Assemblée nationale lors de l'adoption de la loi 113:
Mmes Caroline Fortin, Réjane Genest, Raymonde-Blouin-Ratté, Diane Poitras, Carole Binette, Johanne Bouchard, Lisette Gobeil, Line Lachance, Michelle Dufresne et Conrad Gagnon. En espérant n'oublier personne.

Un merci à Normay, à Jean-Paul et aux participant(e)s de l'émission. Merci pour la magnifique chanson « Je voulais te dire que je t'attends ».

C'est une excellente fin de session parlementaire avec l'adoption de la loi 113. C'est également une excellente conclusion pour la saison de l'émission Loin des yeux, près du coeur. L'année se termine sur une note joyeuse, concrète et remplie d'espoir au lieu des « peut-être », « ça s'pourrait » et « on verra » des années précédentes. Là, la loi 113 est enfin officielle!

Bonnes vacances, bel été et au plaisir de vous retrouver pour une autre saison de Loin des yeux, près du coeur, à l'automne prochain!

Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003



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