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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 20 avril 2017 Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 20 avril 2017 – Mme Mélanie Dufour, adoptée

Normay reçoit Mme Mélanie Dufour, née en janvier 1976, qui a retrouvé sa mère d’origine de façon plutôt inédite. Elle nous raconte son parcours et l’histoire de ses retrouvailles particulières.

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RÉSUMÉ

Mme Dufour est une battante qui a fait plusieurs recherches pour retrouver sa mère d'origine. Elle est née en janvier 1976. Elle est donc âgée de 41 ans, actuellement.

Elle a été placée à la Crèche St-François d'Assise, située à Pointe-aux-Trembles, maintenant le Centre le Mainbourg. De 0 à 5 1/2 mois, elle était à cette crèche. En juin 1976, de bons parents adoptifs sont venus la chercher, selon les documents qu'elle a en sa possession.

Étant plus jeune, elle a toujours su qu'elle était adoptée sans même connaître la signification du mot. Ce qu'elle réalisait et qui était fondamental c'est qu'il n'y avait aucune différence avec son frère, le fils naturel de ses parents adoptifs.

Sa mère adoptive, dans la jeune vingtaine, avait suivi son cours de puéricultrice à cette même crèche et y avait aussi travaillé. Elle s'était toujours promis de venir y chercher un enfant. Dans son parcours de vie, elle a rencontré son futur époux, Jocelyn, le père adoptif de Mélanie. Ils se fréquentent, forment un couple, se marient et donnent naissance à leur fils, Sylvain, son frère. Quelque temps après, pour des raisons de santé, la mère de Mélanie ne pouvait plus concevoir d'enfants. Son conjoint et elle se tournèrent donc vers l'adoption.

Son frère Sylvain était alors âgé de 3 ans au cours des procédures légales d'adoption avec le Centre des services sociaux (CSS) du temps. Il désirait ardemment avoir une petite soeur. Mélanie nous raconte une anecdote cocasse. Sa mère était au téléphone et, au même moment, un vendeur X était à la porte. Elle termine donc son appel et Sylvian dit au vendeur: « Ma mère a commandé ma soeur par téléphone »! Tellement incroyable! Sa mère, en l'entendant avait envie de rire car une telle phrase sortie tout droit de la bouche d'un jeune enfant était effectivement drôle. Le vendeur promenait son regard du garçon au ventre de sa mère sans rien y comprendre.

Mélanie a toujours été curieuse de nature. Elle voulait savoir et comprendre. Quand elle a commencé plus particulièrement à s'interroger sur ses origines, elle pensait, au départ, qu'elle avait une soeur jumelle dans le monde qu'elle s'était créé elle-même. Dans sa pré-adolescence, sa quête d'identité n'en était pas une infinie ni une obsession. Elle cherchait plutôt à savoir à qui elle ressemblait.

À l'adolescence, elle pensait à sa soeur jumelle forgée dans son esprit et lui souhaitait d'être bien et heureuse.
Au début de la vingtaine, elle a voulu débuter ses recherches car elle avait des questionnements. Ses parents adoptifs ne l'ont pas découragée dans ce sens car elle ressentait le besoin d'avoir des réponses à ses questions entre autres savoir à qui elle ressemblait, surtout.

Elle a eu une réponse à sa demande du CSS de Montréal. Malheureusement, pour des raisons qui appartiennent à sa mère, souvenir lourd et douloureux à porter, elle a refusé la rencontre avec sa fille. Elle n'était ni prête ni à l'aise pour le faire. Mélanie a respecté sa décision mais ce ne fut pas chose facile. Les mères, en fait, ne refusent pas leur enfant mais refusent plutôt de revenir en arrière sur ce passé souffrant de leur vie.

Par l'intermédiaire des Services sociaux, Mélanie a écrit une lettre à sa mère lui disant qu'elle ne lui en voulait pas, qu'elle ne la jugeait pas et comprenait que c'était à une autre époque où, lors d'une grossesse hors-mariage, il n'y avait pas de plan B. Confier à l'adoption afin que leur enfant soit aimé et bien traité était ce que les mères désiraient. Elle lui a fait part aussi, pour la rassurer, la réconforter, qu'elle avait été choisie, aimée et choyés et qu'elle avait un énorme respect pour elle. Ça lui a demandé beaucoup d'empathie et de compréhension pour ne pas avoir de regard négatif devant ce refus.

Mélanie voulait-elle connaître plus de raisons à ce refus? Pourquoi ceci, pourquoi cela? Non, pas précisément. Elle se disait plutôt qu'un jour, elle aurait peut-être des réponses donc, il n'y avait pas d'acharnement, de sa part. Elle continuait, par ailleurs, de vivre sa vie, en parallèle.
Cependant, elle avait reçu quelques réponses du côté médical. Elle désirait en savoir plus, éventuellement, mais toujours sans vouloir s'acharner. Par contre, elle prenait bien soin de transmettre ses nouvelles coordonnées au CSS, lors de déménagements, au cas où...

Entre temps, les réseaux sociaux s'étant développés, ça lui apportait un autre tremplin pour ses recherches. N'étant ni pour ni contre, hasard ou non, elle s'est rendue sur une page Facebook et a adhéré à un groupe. Une participante, Sophie, portait le même nom de famille que celui sur son baptistaire original, à la naissance. Coïncidence sans doute! Mais, en clavardant avec Sophie, de fil en aiguille, il y avait de plus en plus d'éléments que Sophie lui apportait qui étaient similaires à ce qu'elle savait mais, porter le même nom de famille ne voulait sans doute rien dire...

Mélanie toujours en clavardant, en apprenait davantage et des éléments se rajoutaient et se recoupaient. Un détail bien particulier, sans en dévoiler davantage, ne pouvait échapper à Mélanie, que seule la famille était au courant. Les coïncidences s'effaçaient pour laisser place à des faits beaucoup plus concrets. Elles décidèrent donc de se rencontrer. Le père adoptif de Mélanie lui a dit qu'elle devrait peut-être passer un test d'ADN mais c'était très coûteux, à l'époque et, avec les précisions qu'elle avait en sa possession, sans vouloir crier victoire tout de suite, elle s'approchait de plus en plus de son identité. Elles se sont donc rencontrées à quelques reprises mais Mélanie, pour des raisons personnelles, a décidé de ne pas poursuivre leur relation. Sophie, cependant, lui avait montré des photos récentes de sa mère d'origine et elle se reconnaissait en elle, une vraie copie conforme! ENFIN, elle ressemblait à quelqu'un!

Elle a donc continué sa vie en ayant toujours des éléments précieux entre les mains. Sa mère d'origine n'avait pas une bonne santé, a-t-elle su, ne se portait pas bien et devait recevoir des traitements à l'hôpital. Mélanie qui était au courant, aurait bien aimé la visiter mais il semblerait que faire ces démarches aurait été fastidieux donc, elle a respecté les demandes originales de sa mère et n'a pas poussé plus loin ses « investigations ».

En 2015, Mélanie devait rencontrer un spécialiste se trouvant dans le même hôpital où était traitée sa mère. Elle savait aussi que lorsque sa mère s'y présentait, elle ne se sentait pas bien mais, ayant vu des photos récentes de sa mère, elle l'a incroyablement croisée dans la salle d'attente, du moins, à ce moment-là, le croyait-elle, mais ça semblait tellement surréaliste!

L'émotion la gagnait de plus en plus intensément et elle tenta de rester en contrôle, zen. Sa mère ne réalise pas que sa propre fille la regarde mais elle ne la dévisage pas non plus, quand même! Par ailleurs, Mélanie avait promis à Sophie de ne rien dévoiler des informations qu'elle avait si elle venait qu'à rencontrer sa mère. Elle continue de douter car la situation semble tellement irréelle, sortie tout droit d'un rêve! Ce ne doit pas être ma mère! Mais, encore un autre heureux hasard, dirons-nous, hé! oui, devant une distributrice à café, un homme interpelle soudain sa mère en disant: « Bonjour Juliette »! qui est effectivement le prénom de sa mère. Celle-ci se retourne et vient s'asseoir à côté de Mélanie alors qu'elle ne sait toujours pas qu'elle est sa fille. Mélanie essaie de trouver une phrase passe-partout pour engager la conversation. Que dire en pareille circonstance? Elle lui dit qu'elle a de jolies pantoufles alors qu'elle voudrait lui dire tant d'autres choses! Sa mère l'aborde en lui disant qu'elle est soignée ici, à cet hôpital. Mélanie lui demande si sa famille vient la visiter. Elle répond qu'elle n'a pas d'enfant, tout en regardant au sol, et dit que non, elle n'a pas de visiteurs. Sa famille n'aimait pas son copain et, elle avoue qu'elle aurait bien souhaité avoir des enfants.

Étrangement, sa mère d'origine lui demande si elle a de bons parents, bizarre!!! Y a-t-il eu une connexion spéciale, à ce moment-là? À tout le moins, sans doute s'est-il passé quelque chose car habituellement, ce n'est pas le genre de question que l'on pose à une étrangère adulte, normalement. Elle lui a répondu qu'elle avait eu effectivement de bons parents. Mélanie s'est reconnue dans son regard. À l'adoption, il était important pour sa mère qu'elle vive dans une bonne famille peut-être de là sa question. Pensait-elle à sa fille compte tenu qu'elle devait l'imaginer au même âge que son interlocutrice?
Mélanie a eu la chance de voir le nom de sa mère sur son porte-monnaie et a parlé de sa nièce Sophie et des ses trois frères. Connaissant ces informations, Mélanie avait maintenant sa réponse officielle et n'avait donc pas, par conséquent, besoin de passer de test d'ADN.

Sa mère aurait été perturbée si elle lui avait annoncé qui elle était. Quelques semaines plus tard, toujours au même hôpital, elle l'a reconnue et l'a appelée Mélanie. Il lui était inconcevable de défaire la réalité de sa mère après 41 ans, pour lui décliner sa véritable identité. Elle ne voulait pas que sa mère se sente obligée de répondre à son besoin et a donc respecté sa demande initiale.

À Noël, Mélanie a dit, dans sa famille adoptive, qu'elle avait reçu son cadeau du ciel en voyant et en parlant à sa mère, au cours de l'année, alors que les planètes semblaient toutes alignées pour qu'elles se voient et qu'elles se parlent. C'est toute une belle histoire habillée de tellement de hasards que ça semble presque impossible et pourtant, c'est véridique!

Il a fallu à Mélanie toute une dose de respect pour avoir eu sa mère à côté d'elle et garder son secret, un vrai tour de force! C'est admirable d'avoir pu tenir la promesse faite à Sophie à savoir de ne pas révéler son identité. De son côté, elle a tenu sa propre promesse de ne pas s'acharner avec la volonté, la décision de sa mère compte tenu qu'elle ne connaissait pas les circonstances dans lesquelles elle avait été conçue, le contexte familial et social, lors de sa naissance.

En conclusion, malgré tous les malgrés, Mélanie nous mentionne qu'il faut continuer de cheminer avec des obstacles en travers de nos routes, avec les carences que l'on porte en soi. Il s'agit d'évoluer, de ne pas rester « accroché » à un refus et de trouver les personnes et les ressources nécessaires, faire les choses pour nous pour se sentir bien, heureux et en toute sérénité.

Merci à Normay et merci à Mme Dufour pour son témoignage si particulier et intéressant et pour la narration de son parcours de vie brodé de tant d'heureux hasards... Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay et merci pour son choix musical: « Il y a des moments si merveilleux » (Gilbert Bécaud).

Finalement, merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l’émission. Si vous le désirez, vous pouvez vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!
Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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