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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 6 avril 2017 Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 6 avril 2017 – Mmes Georgette et Anita, mères d’origine et adoptive de Marie-Josée Cloutier.

Normay reçoit Georgette et Anita, mères d'origine et adoptive, respectivement, de Marie-Josée Cloutier (émission du 30 mars 2017). Deux très beaux témoignages de femmes merveilleuses. L'une qui lui a donné la vie et la seconde qui l'a conduite dans la vie. Merci à vous deux, grandes dames!

Pour écouter votre émission :

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RÉSUMÉ

Marie-Josée a su en bas âge son statut de personne adoptée. Quand, à 22 ans, elle a manifesté le désir de retrouver ses origines, Mme Anita, sa mère adoptive, était d'accord avec sa décision. Ses parents adoptifs n'étaient pas possessifs et n'avaient pas peur de la « perdre » si elle faisait des démarches de recherches, trouvant que ce serait un plus pour elle.

Mme Anita a mentionné, cependant, avoir eu peur de la perdre au cours de la période des 6 mois d'attente avant l'adoption légale. La mère de naissance pouvait revenir sur sa décision, pour reprendre l'enfant, tant que le consentement à l'adoption n'avait pas été signé officiellement. De plus, Mme Anita avait eu un accident la laissant amputée d'un pied alors là, elle croyait qu'on pourrait lui retirer Marie-Josée, la jugeant inadéquate.

Mme Anita lui a donc proposé de l'aider dans ses recherches, en parallèle avec celles entreprises avec le Centre des Services Sociaux (CSS), là où elle avait appris que sa mère d'origine était de la région Gaspé/Les Îles de la Madeleine. Elles se sont donc rendues au presbytère de l'église de Gaspé afin d'avoir le certificat de naissance de Marie-Josée.

Dans les églises, il y a deux registres à savoir celui pour les personnes illégitimes (adoptées) et celui pour les personnes légitimes (non adoptées). Les personnes adoptées ont normalement un numéro de jugement mais n'ont pas accès à leur nom primaire (à la naissance) car c'est une information confidentielle. Mais, lors d'une retranscription du registre, une erreur s'est glissée en faveur de Marie-Josée lui donnant droit à son identité première, son nom: Marie Èva Gaudet. Avec au moins un nom de départ, ça facilitait et accélérait de beaucoup les recherches.

Marie-Josée s'est abonnée au journal local de Gaspé, Le Radar, où elle a envoyé son avis de recherche. Un membre de sa famille en a pris connaissance et a laissé traîner volontairement l'avis de recherche de Marie-Josée, encerclé, afin qu'Odette, sa soeur, le remarque, car elle ignorait qu'elle avait une soeur. Elle l'a effectivement vu et a demandé ce qu'il en était de cet avis de recherche. On lui a alors répondu de communiquer avec sa mère. Elle lui a donc téléphoné et c'est là que Mme Georgette lui a révélé l'existence de sa soeur. Le choc de la nouvelle passé, avec le consentement de sa mère, Odette envoie une lettre recommandée ainsi qu'une photo d'elle au même âge que Marie-Josée (24 ans).

En lisant cette lettre, Marie-Josée était très émue de découvrir qu'elle avait une soeur plus âgée et qu'elle avait aussi retrouvé sa mère d'origine. Elle était seule, à Laval, pour vivre toutes ces émotions mais elle a téléphoné à Mme Anita qui l'a apaisée, calmée et consolée. Quand elle a eu le temps de prendre du recul, dans la même journée, en soirée, Marie-Josée a appelé sa soeur Odette, qui avait laissé ses coordonnées, bien sûr.

Mme Georgette, mère biologique de Marie-Josée, avait toujours habité la région des Îles de la Madeleine. Un voyage a donc été planifié pour de futures retrouvailles à l'aéroport de Montréal, le 9 mai 1992, le jour même de la Fête des mères. Mme Georgette allait donc sortir de son beau coin de pays pour prendre l'avion, elle qui avait le mal des transports, afin de se rendre à Montréal où la rencontre de la mère et de ses deux filles ainsi que les parents adoptifs de Marie-Josée était au programme.

À l'arrivée à Montréal, à la sortie de l'avion, dans le couloir, Odette a couru vers sa soeur où elles se sont ensuite jeté dans les bras l'une de l'autre et le temps s'écoulait... C'est alors que Mme Anita a fait remarquer à Marie-Josée que sa mère était en retrait. Après, elle s'est rendue vers sa mère où elles se sont prises toutes deux dans les bras l'une de l'autre et pleuraient. Mme Anita, qui était derrière, n'en menait pas large côté émotions! C'était toute une gamme d'émotions à vivre pour tout le monde, à ce moment-là!

Mme Georgette était maintenant rassurée de pouvoir constater concrètement que Marie-Josée avait été bien aimée, choyée, heureuse et bien traitée et que ses parents adoptifs étaient des gens généreux avec « le coeur à la bonne place »! Mme Anita pouvait remercier Mme Georgette du beau cadeau de vie qu'elle lui avait fait alors qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfants. Les deux pouvaient donc partager des pans de l'histoire de vie de Marie-Josée.

En juillet de la même année, en 1992, Marie-Josée s'est rendue aux Îles de la Madeleine pour rencontrer son grand-père et sa grand-mère ainsi que toute sa famille. Elle a eu le temps de voir son grand-père, heureusement, car il est décédé en décembre 1992. Les deux mères se sont rencontrées seules, à quelques reprises, dans la paroisse de Fatima, où elles ont échangé et partagé plusieurs conversations importantes.

Mme Georgette, dans son coeur, a toujours espéré pouvoir retrouver sa fille mais, comme pour la plupart des mères d'origine, elle avait peur que sa fille lui en veuille parce qu'elle s'était séparée d'elle. Ce n'était pas par choix mais elle ne pouvait pas faire autrement, à cette époque. Elle devait confier sa fille à l'adoption. Elle espère que les autres mères biologiques, qui auraient peur de faire les premiers pas pour retrouver leur enfant, ne se privent pas de ce cadeau des plus précieux.

Mme Anita et son mari avaient aussi adopté un garçon, leur fils Patrick. Marie-Josée, après avoir eu le bonheur de rencontrer sa mère, sa soeur et sa famille, voulait maintenant aider son frère à retrouver sa mère d'origine.

Patrick est né à Montréal mais est retourné à Gaspé, dans la même région de naissance que sa mère, une Cloutier et Patrick aussi. Un neveu de Mme Anita, qui faisait de la généalogie, a pu réaliser que leur fils descendait des premiers Cloutier de Gaspé.

Patrick a rencontré sa mère biologique qui demeurait à Québec, ville qu'elle a quittée après les retrouvailles, pour se rapprocher de son fils. Elle est déménagée pour vivre au Bic et du Bic, elle se cherchait une autre maison pour être plus près de son fils. En arrêtant au Bic, Patrick lui a dit qu'il y avait justement une maison à vendre en face de chez ses parents adoptifs. Mme Anita l'a achetée et avait donc maintenant le bonheur de connaître la mère de Patrick, qui était leur voisine d'en face. C'était exceptionnel! Les deux mères pouvaient échanger, entre elles, et même prendre des repas ensemble et avec leur fils. C'est extraordinaire, de part et d'autre!

Et pour en rajouter encore un peu plus, Patrick n'habite plus chez ses parents adoptifs mais il s'est fait construire un loft sur leur terrain. Il travaille pour la Garde côtière canadienne et quand il n'est pas en fonction, il peut voir ses deux mères. Il n'a qu'à traverser d'un côté ou de l'autre de la rue pour ... se faire gâter!

Il faudrait que les peurs cessent du côté des mères d'origine tout comme du côté des parents adoptifs. Il faut faire confiance, de part et d'autre, et reconnaître que d'un côté comme de l'autre, permettre à son enfant devenu adulte de retrouver ses origines est un cadeau et participer aux recherches et aux retrouvailles en est un autre. Ça permet à tous les acteurs en cause d'évoluer, de se découvrir, de s'apprivoiser et au final, de s'épanouir, de se sentir mieux. Comme le mentionnait Mme Anita, quand tout le monde est de bonne foi, ça ne peut être qu'un plus pour les personnes concernées et ça permet d'avoir de bonnes relations qui durent dans le temps.

Marie-Josée doit se rendre aux Îles de la Madeleine, en juillet prochain. Ce sera un beau voyage au cours duquel on va sans doute souligner et fêter leur 25e anniversaire de retrouvailles car c'est tellement un bel événement à célébrer!
Merci à Normay et merci à Marie-Josée pour son histoire de vie émouvante et exceptionnelle. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay.

Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l’émission. Si vous le désirez, vous pouvez vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!
Marthe Charest

Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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