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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 30 mars 2017 Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 30 mars 2017 – Mme Marie-Josée Cloutier, adoptée, qui a retrouvé sa mère d’origine.

Normay reçoit Marie-Josée Cloutier, adoptée, qui nous livre un très témoignage très émouvant sur ses retrouvailles avec sa mère d’origine et sa famille.

Pour écouter votre émission :

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RÉSUMÉ

Mme Cloutier est une personne adoptée qui a retrouvé sa mère d'origine, sa soeur et sa famille biologique. Voici grosso modo son histoire, en « pièces détachées ».

Elle est née un mercredi, 24 avril 1968, à Gaspé. Elle a été placée par les Centres des Services Sociaux (CSS) dans trois foyers nourriciers. Étant malade, elle n'a été adoptée, par la suite, qu'à l'âge de 2 ans, à Mont St Louis.

Sa mère était originaire des Îles de la Madeleine. Elle habitait chez ses parents, ne travaillait pas et avait mis au monde une fille, la soeur de Mme Cloutier, issue du même père et de 3 1/2 ans son aînée. Le père biologique, souffrant d'alcoolisme, avait fait une promesse de mariage, qu'il n'a pas tenue et, à trois mois de grossesse, il a abandonné la future mère seule à son sort, sans jamais revenir pour lui apporter un quelconque soutien. Des pressions familiales ont été exercées sur la mère afin qu'elle confie sa fille à l'adoption. Après son accouchement, elle n'a vu son bébé que pour une demi-heure, pour ne pas la traumatiser davantage, selon les religieuses, et est ensuite repartie la journée même. Elle n'a jamais refait sa vie.

En 1990, âgée de 22 ans, ayant grandi en connaissant son statut d'adoptée, Mme Cloutier décide d'entreprendre des démarches avec les Services sociaux pour retrouver ses parents d'origine et en fait, plus précisément, pour la première démarche, sa mère d'origine car c'est elle qui lui a donné la vie et c'est par elle qu'elle pourrait connaître son histoire.

Après plus d'un an d'attente avec la première phase avec les Services sociaux et, comme rien ne semblait vouloir avancer dans son dossier, sa mère adoptive avec sa belle ouverture et sa grandeur d'âme, leur a proposé à son frère et à elle de les aider dans leur quête d'identité. Leur mère adoptive se disait que si elle n'était plus là, un jour, ils pourraient alors continuer leurs vies avec leur autre mère et/ou leur famille.

Mme Cloutier et sa mère adoptive se sont donc rendues au presbytère de l'église de Gaspé pour chercher le certificat de naissance de Marie-Josée. Pour les personnes adoptées, il y a toujours un numéro de jugement qui accompagne le nom primaire, dans le registre, qui doit demeurer confidentiel.

La secrétaire a fait une première recherche pour ce document et, lors d'une retranscription du nouveau registre, une erreur providentielle s'est glissée et quelle belle erreur à son avantage! C'est ainsi que sur son certificat de naissance apparaissait sa première identité soit son nom à la naissance: Marie-Èva Gaudet. Ce fut une vraie bénédiction pour poursuivre ses recherches!

Mme Cloutier est donc revenue à Laval avec une information très précieuse entre les mains. Elle a alors pris un annuaire téléphonique de la région de Laval/Montréal et a commencé à téléphoner à des « Gaudet ». Sur les entrefaites, elle a appris des Services sociaux que la région d'origine de sa mère était la région 11 Gaspésie/Les Îles, ce qui réduisait de beaucoup ses recherches en ayant qu'un secteur, même s'il était grand. Heureusement, une dame Gaudet, retraitée de Bell Canada, lui a donné une référence « Gaudet » pour cette région.
On a suggéré à Mme Cloutier de s'abonner au journal local hebdomadaire des Îles, Le Radar, ce qu'elle fit, de novembre 1991 à mars 1992. Entre temps, elle continuait toujours de « fouiller » dans des archives, des journaux, au Mouvement Retrouvailles, en parallèle avec ses recherches des Services sociaux. Elle a fait paraître son avis de recherche dans le journal Le Radar, le 23 mars 1992, la veille de l'anniversaire de sa mère d'origine, sans le savoir, et quelqu'un de sa famille l'a lu.

Sa soeur de 3 1/2 ans son aînée n'était pas au courant qu'elle avait une soeur. Son conjoint le savait car sa mère lui avait dit qu'elle était la fille de Georgette (sa mère d'origine) mais il n'a jamais dévoilé ce secret. Beaucoup de gens connaissaient l'existence de ce bébé mais ils avaient gardé le secret ou, du moins, il n'était pas parvenu jusqu'aux oreilles de sa soeur.
Ils ont donc organisé un « conseil de famille », à l'insu de la soeur de Marie-Josée, où ils ont pu constater que tous les renseignements qu'ils avaient en leur possession concordaient avec la réalité et qu'ils « faisaient donc affaire » avec la bonne personne. L'avis de recherche du journal, qui était encerclé, traînait par exprès, pour attirer l'attention de sa soeur. Effectivement, son attention a été portée sur lui et elle a demandé: « Pourquoi cet avis de recherche a-t-il été entouré? » On lui a répondu d'appeler sa mère si elle voulait en savoir davantage. Elle téléphona donc à sa mère et c'est à ce moment-là qu'elle lui a appris l'existence de sa soeur. Elle était en état de choc, a même fait une fausse-couche sans doute reliée à cette nouvelle si bouleversante. Le choc passé, sa mère lui a raconté toute l'histoire de cette naissance.

La semaine suivante, la soeur de Marie-Josée lui a écrit une lettre, avec le consentement de sa mère. Quand elle a reçu cette lettre recommandée, en ouvrant l'enveloppe, avant même de voir la lettre, c'est une photo de sa soeur à 24 ans, qui lui est apparue en premier, à son âge à elle, justement. Dire toutes les émotions ressenties est impossible, ça ne peut que se vivre! C'est indescriptible! C'est comme gagner à la loterie de la vie, du bonheur!

En ce 13 avril, Marie-Josée a alors appelé sa mère adoptive et pleurait de joie, au téléphone. Elle vivait toute une montagne russe d'émotions et pour cause! Elle était seule « en ville », à vivre ces instants magiques mais déstabilisants, à la fois. Sa mère adoptive l'a apaisée, calmée et le soir même, elle a téléphoné à sa soeur qui avait bien sûr laissé ses coordonnées. Malheureusement, sa soeur était absente. Elle a donc laissé un message, en se nommant, à celle qui lui avait répondu qui était en fait sa mère d'origine! Ouf, hallucinant! Il y avait trop d'émotions! Elles ont convenu de se parler à nouveau lorsque la poussière serait retombée. Le lendemain, sa soeur a communiqué avec elle et c'était comme une RE-NAISSANCE; elle venait de revenir au monde, mais à 24 ans!

Leur mère souffre du mal des transports, par conséquent, elle n'est pas sortie beaucoup en-dehors des Îles, pour voyager. Sa mère et sa soeur ont prévu rencontrer Marie-Josée, pour leurs retrouvailles, à l'Aéroport de Montréal, le 9 mai 1992, le jour de la fête des mères. Quelle belle symbolique pour cette rencontre mémorable! Il était important pour Marie-Josée que ses parents adoptifs soient présents. Il y avait tellement d'émotions intenses! Sa soeur, la première, est venue de loin, en courant, en toute sincérité, vers elle. Ensuite, sa mère d'origine, en retrait, est arrivée vers elle. Quel bonheur! Les deux mères se complétaient et se rejoignaient par leur lien commun qui passait par Marie-Josée et par un partage d'amour. Des retrouvailles « mères-veilleuses »!

Au cours de cette réunion, les parents adoptifs de Marie-Josée méritaient leur place et ont accepté avec plaisir d'y être. Ils avaient toujours été à ses côtés pour l'aider dans sa vie, pour l'appuyer, en général, et pour ses recherches également. Ils ne lui feraient sûrement pas faux bond pour cette journée si précieuse pour elle et pour toutes et pour tous! À l'âge de 2 ans, elle avait été choisie même si elle n'était pas considérée comme « adoptable ». En bas âge, elle était très malade à un point tel que les religieuses ne la présentaient même pas lors des visites de futurs parents adoptifs car elle s'en allait vers la mort, aux dires des médecins. C'est elle qu'ils voulaient. Ils l'ont choisie tout de même en sachant sa condition de santé! Quelle belle générosité de coeur! Ils devaient donc être à ces retrouvailles pour l'accompagner!

En juillet 1992, deux mois après les retrouvailles magnifiques, à Montréal, Marie-Josée était fin prête à connaître sa famille aux Îles de la Madeleine. Elle a rencontré ses grands-parents, entre autres, qui ressentaient de la culpabilité en rapport avec leur décision, dans le passé, mais Marie-Josée n'était pas là pour les juger. Elle avait eu de bons parents, une belle vie et était heureuse. Elle recherchait son identité pour se connaître et pour connaître les siens et ses racines. Quand elle se rend aux Îles, son coin de pays, sa terre natale, elle ressent toujours une connexion particulière et, à l'image des Madelinots, elle a un côté familial rassembleur très fort.

Merci à Normay et merci à Marie-Josée pour son histoire de vie émouvante et exceptionnelle. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay et merci aussi pour la pièce musicale qu'il a choisie: « La mer et l'enfant » interprétée par Céline Dion.

Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l’émission. Si vous le désirez, vous pouvez vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003


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