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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 23 mars 2017 Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 23 mars 2017 – Mme Lyne Perron, A.E.R.

Normay reçoit Lyne Perron, fondatrice du site Adoption, Émotions, Retrouvailles (A.E.R.). Elles nous parlent du site A.E.R., de la page Facebook et de la salle de clavardage ouverte le jeudi soir, de 21h00 à 23h00. On discute post-retrouvailles, émotions, respect, attentes, accompagnement, etc.

Pour écouter votre émission :

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RÉSUMÉ

Le 20 avril 2001, il y a presque 16 ans, Lyne ouvrait le site AÉR. Il compte près de 1 000 membres et demeure le site officiel, toujours actif, avec une banque imposante d'avis de recherche soit environ 1 500.

Le 14 décembre 2008, il y a presque 9 ans, Lyne ouvrait sa page Facebook pour AÉR qui compte actuellement 2 000 membres. C'était devenu l'outil par excellence, le plus populaire, le plus facile, instantané et convivial pour poser des questions, demander des informations, partager des histoires, des avis de recherche, des textes, des réflexions, des lectures ou pour écrire ses commentaires.

Lyne ouvrait également une page pour une salle de clavardage (chatroom) à l'usage exclusif d'AÉR. Les autres salles sérieuses n'étaient pas si évidentes à trouver. Elles étaient aussi souvent anglophones et les gens avaient des problèmes de connexion de là l'idée d'ouvrir sa propre salle Facebook-AÉR pour clavarder le jeudi, de 21h00 à 23h00, entre nous. Les personnes qui veulent se joindre à nous pour se rendre sur la salle, doivent le faire UNIQUEMENT LE JEUDI SOIR, AVANT D'ENTRER EN SALLE, et ce, À TOUTES LES SEMAINES, ANCIENS COMME NOUVEAUX! Au cours des conversations, il est bon d'écrire quelques mots, à l'occasion, pour signifier votre présence. C'est un outil supplémentaire en plus du site, comme tel, pour aider les gens, pour les accueillir joyeusement et sincèrement quand ils ont retrouvé et que ça va bien et pour partager leurs peines et tenter de leur « remonter le moral » quand les nouvelles sont moins bonnes telles un refus, un décès, des retrouvailles qui battent de l'aile etc.

Depuis l'ouverture du site AÉR en 2001, on peut compter près de 230 retrouvailles. Ce n'est peut-être pas considérable, penserez-vous, mais il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes ont été aidées, « écoutées », dirigées, informées et soutenues tout au long de leur processus de recherches et ce n'est pas rien! Le chiffre de 230 retrouvailles est conservateur car parmi les personnes accompagnées, certaines retrouvent, sont très heureuses, profitent de leur nouveau bonheur, et ça se comprend, mais ne viennent pas nous dire qu'elles ont retrouvé grâce au site AÉR.

Pour les pré-retrouvailles comme pour les post-retrouvailles, les gens ont besoin d'aide, d'accompagnement via le Centre jeunesse, le Mouvement Retrouvailles et avec nous au sein d'AÉR. Les animatrices apportent leur soutien, le plus possible, en temps réel et beaucoup de travail est aussi effectué via les messages privés. Il arrive souvent que des conseils, des suggestions, des informations et des histoires de vie, qu'on ne désire pas publier sur Facebook, fassent partie du travail dans l'ombre. Les animatrices d'AÉR tentent de répondre le plus adéquatement que possible et ce, dans les plus brefs délais. Des participant(e)s s'entraident également en partageant leurs vécus différents mais semblables, à certains égards. De belles amitiés virtuelles naissent et deviennent même parfois « réelles ».

Le succès des retrouvailles et des post-retrouvailles repose sur l'accompagnement. Ça va de soi que ce sont deux relations qui se bâtissent sur des blessures respectives. C'est délicat de construire quelque chose sur une base solide quand d'une part, il y a un sentiment de honte, de culpabilité et d'autre part, de rejet, d'abandon.

Ce n'est pas réaliste de croire que lorsqu'on retrouve mère, père, frère, soeur tout va se faire en claquant des doigts grâce aux liens de sang. C'est loin d'être automatique! Ce sont tous des individus qui n'ont pas grandi ensemble, dans le même milieu, qui ne pensent pas nécessairement de la même façon, qui n'ont pas les mêmes réactions, pas le même vécu donc, il y a tout un travail à faire de respect, d'ouverture et d'apprivoisement.

Les liens sont à bâtir et les personnes concernées doivent se découvrir, au fil du temps, se respecter, y aller étape par étape, et surtout communiquer leurs besoins quant à la fréquence des appels, des visites qu'ils peuvent toujours réajuster en s'en parlant. Il ne faut pas tout précipiter et risquer de couper les liens abruptement après avoir recherché et attendu si longtemps!
Souvent, les gens ne s'appellent pas , ont peur de se déranger mutuellement, ressentent un malaise, ne veulent pas envahir l'autre, se perdent de vue mais pour connaître leurs intentions, de part et d'autre, il faut les communiquer, les exprimer pour trouver un terrain d'entente satisfaisant pour les personnes concernées.

Les attentes sont souvent irréalistes de là, l'importance d'un accompagnement, d'un suivi pour guider les personnes en question pour tenter de les ramener dans la réalité car elles sont souvent dans le déni. Si on leur demande: « Quelles sont vos attentes? » Leurs réponses sont la plupart du temps: « Je n'en ai pas. Je prendrai ce qu'on me donnera. Même si je ne rencontre l'être cher qu'une seule fois, ce n'est pas grave, ça me suffit! » Dans les faits, ce n'est pas vrai! Quand après de nombreuses années d'attente nous avons un premier contact, nous en voulons d'autres par la suite.

Il est impossible de n'avoir aucune attente! Nous voulons toutes et tous vivre une belle relation et par conséquent, oui, nous allons accepter les moindres « miettes » de temps et d'affection, par l'être retrouvé. Mais en fait, au fond de nous, nous ne sommes pas prêt(e)s à n'accepter que ça. Au final, nous désirons une « structure » solide, agréable et qui dure dans le temps.

Les attentes des mères sont peu nombreuses. Elles ressentent un soulagement, un grand bien-être en sachant que leurs enfants ont été aimés, heureux et bien traités. Elles peuvent faire davantage la paix avec leur passé. Parfois, le sentiment de culpabilité et de honte va subsister et la peur du jugement demeure.

Les attentes des enfants: Ils ont vécu une blessure dans l'inconscient. Ils ont un fond de sentiment de rejet et veulent voir leur « vraie » mère. Tous les enfants diront que ce sont leurs parents adoptifs leurs « vrais » parents mais en cours de recherche, retrouver leur « vraie » mère fait partie de leur attentes. Les enfants rêvent de trouver leurs parents d'origine pour nouer des liens solides avec eux, pour trouver leurs racines, leurs origines car ils en ont été amputés à la naissance. Ils ont besoin de ces racines pour bien avancer, pour atteindre un équilibre. Cependant, il est faux de penser que les retrouvailles vont guérir systématiquement toutes les blessures du passé. Les personnes adoptées ont un travail à effectuer sur elles pour se guérir de la blessure de la séparation d'avec leur mère.

Il faut en parler avec des gens du Mouvement Retrouvailles et d'AÉR car ça fait du bien de nommer ce que l'on vit. Ça fait du bien d'être écouté, compris par des individus qui ont traversé les mêmes routes que nous et avant nous. Ils peuvent nous rassurer, nous consoler, partager leurs vécus avec nous, nous orienter et nous donner des directives pour nous guider. Nous pouvons prendre ou laisser leurs conseils, leurs suggestions mais, comme ils ont une longueur d'avance sur nous, leurs précieux renseignements peuvent faire toute la différence dans l'issue des relations post-retrouvailles.
Les retrouvailles peuvent être faites dans l'anonymat souvent pour respecter la mère qui n'a pas parlé à sa famille, à son conjoint et/ou à ses enfants de ce pan de leur passé douloureux. L'important est d'abord et avant tout de recevoir une réponse positive. De fil en aiguille, la relation évoluera, la mère mettra peut-être ses proches au parfum de cette grossesse mais si ce n'est pas le cas, au moins, il y aura eu un OUI et il vaut mieux des rencontres anonymes qu'aucune rencontre.

Lyne nous raconte un fait cocasse. C'est ainsi qu'une mère d'origine, habituée de téléphoner à partir d'une boîte téléphonique, dans l'anonymat, du vivant de son mari, tenu dans le secret, continuait même de le faire après le décès de son conjoint, par automatisme, compte tenu que la relation avait été établie et construite de cette façon.

La première grossesse des femmes adoptées est souvent un élément déclencheur pour entreprendre des démarches pour retrouver leur mère d'origine. Elles peuvent ressentir et comprendre davantage la souffrance que leur mère a eu lors de leur séparation, en ayant mis au monde elles-mêmes leurs bébés et aussi en voulant connaître leurs antécédents médicaux pour pouvoir les transmettre à leur progéniture. Il y a plus de femmes que d'hommes qui entament des démarches, en général. C'est souvent la conjointe qui incite son mari adopté à faire des recherches. Pour certains hommes, l'élément déclencheur pour retracer leur mère est quand ils deviennent père.
Dans un autre ordre d'idées, Lyne nous informe que s'il y a un refus de la part de la mère de naissance pour les retrouvailles, la personne adoptée peut faire une relance en communiquant avec son Centre jeunesse, à tous les deux ans. Si la mère est décédée, on peut connaître la cause du décès et continuer de rechercher, s'il y a lieu, via des rubriques nécrologiques ce qui réduira l'étendue des recherches car au lieu de les faire sur une base de huit-dix ans, ce sera sur une base de deux ans.

Merci à Normay et merci à Lyne pour son entrevue et félicitations pour tout le temps consacré aux gens concernés par l'adoption, au cours des 16 dernières années, et ce, toujours au service des personnes adoptées, des parents d'origine et des parents adoptifs. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay et merci aussi pour la pièce musicale qu'il a choisie: « C'est parce que je t'aime » interprétée par Claude Valade, marraine de notre site Adoption, Émotions, Retrouvailles (AÉR).
Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l’émission. Si vous le désirez, vous pouvez vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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