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Émission Loin des yeux, Près du cœur - 14 avril 2016 Imprimer cette page

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Votre émission "Loin des yeux, Près du cœur" - Émission du 14 avril 2016

Normay reçoit M. Jean St-Jacques, adopté, né le 4 mai 1943 à la Clinique St-Joseph de Québec. Il nous raconte ses démarches, toutes ses recherches et résultats.

Pour écouter votre émission :

Pour le résumé de l'émission :

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Résumé de l'émission Loin des yeux, près du coeur du 14 avril 2016

Invité: M. Jean St-Jacques

M. Jean St-Jacques est né le 4 mai 1943 à l'Hôpital St-Joseph de Québec, une maternité privée, propriété de Mme Antoinette Fleury, infirmière et directrice de la clinique. Elle était secondée par le Dr Louis Grégoire et par trois aides-infirmières. Mme Fleury a obtenu sa licence d'opération en avril 1943 (peu de temps avant la naissance de M. St-Jacques) mais on y avait enregistré quelques naissances depuis 1940. Cet hôpital a été acheté par le Dr Raymond Laberge. Il s'en est occupé de 1947 à 1963. Il a ensuite oeuvré à l'Hôpital Christ-Roi de Québec (sur le boul. Wilfrid Hamel) en tant que chef-obstétricien pendant plus de 25 ans. Il est décédé en 2013, à l'âge de 94 ans.

Quelques jours après sa naissance, M. St-Jacques fut transféré à la Crèche St-Vincent-de-Paul de Québec, au coin des rues Marie-de-l'Incarnation et St-Vallier Ouest. Il aurait été adopté à l'âge de 15 mois par une bonne famille provenant des Cantons de l'Est, plus précisément de Magog, où il a grandi. Il a une soeur et un frère adoptés avant lui.

Il n'a débuté ses recherches qu'à l'âge de 50 ans, alors qu'il se sentait vraiment prêt à entreprendre ses démarches pour ne pas blesser ou chagriner ses parents adoptifs, des gens aidants et « tricoté serré ».
Le premier pas a été celui de communiquer avec le Centre
jeunesse de l'Estrie pour faire sa demande d'antécédents sociobiologiques. Quand il les a reçus, il a commencé à ressentir que oui, il avait bel et bien existé. Il pesait 8 livres et 5 onces, un bébé costaud, né à terme et avait eu la variole à 9 mois. Sa mère d'origine avait 24 ans, à sa naissance et occupait le 2e rang dans une famille de 10 enfants. Elle était cuisinière et originaire de Québec.

Son père d'origine avait 28 ans, à sa naissance, était aviateur, Canadien français et se trouvait outre-mer en 1943, pendant la guerre. Il a tenté de trouver des informations sur l'armée de l'air. Le seul renseignement pertinent était qu'il n'y avait qu'un seul escadron canadien français, le 425e escadron, en 1943 et il se nommait « Les Alouettes ». Toutefois, ce détail ne permet pas de dire, sans savoir le nom de son père de naissance, s'il a vraiment fait partie, oui ou non, de cet escadron.

En faisant des recherches, on découvre souvent un indice ici et là. Écrire une lettre, comme parlait Mme Caroline Fortin à l'émission de Normay, lui a été salutaire. Quand il a su qu'il était originaire de la région de Québec, il a fait un « envoi massif » de lettres à toutes les résidences pour aîné(e)s de Québec en expliquant qu'il recherchait sa mère de naissance et il y joignait les informations qu'il avait en sa possession, afin qu'elles soient affichées sur leurs babillards. Il ne faut pas se fier seulement sur les Centres jeunesse. Au cours de l'attente et même après, il faut tenter d'être à l'affût et d'être imaginatif et créatif, le plus possible.

Avec le Centre jeunesse de l'Estrie, il avait eu recours au Projet pilote, payant à l'époque, qui n'existe plus aujourd'hui, pour retracer sa mère. Après trois lettres et trois appels téléphoniques demeurés sans réponse, on a pris pour acquis que c'était un refus et on lui aurait dit qu'on fermerait donc son dossier. Parfois, les conclusions sont trop hâtives et il ne faut pas oublier que nous avons le droit de demander, à tous les deux ans, s'il y a des changements au dossier. Malheureusement, il a appris, il y a 6 ans, que sa mère d'origine était décédée mais il pourrait bien y avoir des frères, des soeurs, des oncles, des tantes etc.

M. St-Jacques nous raconte une anecdote. Un jour d'octobre sur la Côte-de-Beaupré (Ste-Anne, St-Joachim) au Festival de l'Oie, il y avait une exposition de peintures. Comme M. St-Jacques aime bien les toiles, il s'est rendu à l'expo et un homme d'un certain âge, paraissant plus âgé que lui, l'aborde comme s'il le connaissait: « Bonjour, comment ça va? Je vais aller chercher ma fille et la famille » et lui, de demeurer figé, ne connaissant personne et ne sachant plus quoi dire. Ces gens voulaient le saluer comme un enfant prodigue, de retour à la Côte-de-Beaupré. Un mois ou deux après cette « aventure », il avait engagé des ouvriers pour effectuer des travaux sur sa maison. Encore une fois, il est stupéfait! Des ouvriers lui demandent: « Tu ne viens pas de la Côte de la Miche (à St-Joachim, près de Ste-Anne et Château-Richer) » ? Encore une fois, on semble le reconnaître, il doit ressembler à quelqu'un, sans doute... cette région là lui « parle » et elle semble lui « répondre »...

Une dame lui aurait envoyé un courriel lui suggérant de se rendre au Presbytère du Très-Saint-Sacrement de l'Église du Très-Saint-Sacrement où son baptistaire devait être. Son premier baptistaire, celui dans le district de St-François, aurait dû être annulé complètement compte tenu de son adoption. Il savait qu'il portait le nom de Sylvio Vincent donc, il s'est rendu au presbytère, avec le nom qu'on lui avait donné à la Crèche St-Vincent-de-Paul. Il s'adresse à une religieuse pour avoir le certificat de décès de M. Sylvio Vincent, né le 4 mai 1943. Elle va donc chercher le registre et son nom y apparaît effectivement, avec le nom d'un parrain M. René Boulay et d'une marraine Mme Isabelle Chassé. Il a envoyé des messages à celles et à ceux portant ce nom, à travers le Québec. Cependant, comme il l'a mentionné, il est très possible que ce soit des employés de la crèche mais il ne voulait surtout pas négliger cette avenue à explorer. Il a reçu des réponses à ses demandes mais elles n'étaient pas concluantes. La religieuse lui aurait dit qu'il était né de mère inconnue-voyons donc!-père inconnu, on peut comprendre, mais la mère laisse toujours des traces de l'existence de son bébé; il ne vient pas au monde dans les choux. On ne pouvait pas lui donner une copie du certificat de décès. Il rajoute que souvent, les non dits...parlent...

En novembre 2015, un couple qu'il connaît, M. et Mme Fortier, lui auraient suggéré fortement de se rendre aux Archives de l'Université Laval, pour faire des recherches. Il lit les informations qu'il possède à tous les mois et c'est un bonne habitude car, parfois avec une relecture, on se rend compte d'un détail qui nous avait échappé. Il compte bien s'y rendre éventuellement mais notre « jeune homme » n'a pas encore terminé sa session à l'Université Laval et par la suite, il est guide touristique mais il se trouvera du temps pour le faire.

Il est allé aussi au presbytère de Château-Richer (Côte-de-Beaupré) et il a ressenti des frissons quand il est entré à cet endroit. Il cherchait une famille de 10 enfants dont la deuxième serait une fille, c'était une autre piste à suivre. Il a tenté d'exploiter ce détail qu'il avait pour aller plus loin dans ses démarches. Il faut s'aider et être ingénieux parce que dans le domaine du post-adoption, ça avance à pas de tortue... Il faut utiliser toutes les ressources mises à notre disposition et quand des gens sont disponibles pour nous donner des trucs ou des idées, on accepte, avec plaisir. On ne peut pas en savoir moins que nous savons déjà même si nous sommes lancé(e)s sur une fausse piste.

Son frère et sa soeur n'ont pas exprimé le désir, le besoin de rechercher leurs origines, ça leur appartient et il respecte ça. Il nous dit de ne pas baisser les bras, de demeurer à l'affût, de vérifier certains renseignements et surtout, de toujours conserver l'espoir.

En conclusion d'entrevue, M. St-Jacques remercie toutes celles et tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à l'aider avec des outils, des pistes, des suggestions, des trucs etc. Dans les recherches qui sont longues, une vie durant parfois, il est bon de se savoir soutenu(e) et compris(e) par nos pairs.
Merci à Normay et merci à M. St-Jacques pour son témoignage chaleureux, émouvant, teinté d'humour et authentique. Par son partage, il donne ou redonne espoir à celles et à ceux qui l'auraient peut-être perdu. Nous lui souhaitons qu'il puisse retrouver des membres de sa famille biologique. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, et merci aussi pour la pièce musicale touchante qu'il a choisie: « Lettre à mon père » (Yves Duteil). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Vous pouvez aussi vous procurer le livre de Normay St-Pierre en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest
Mère d'origine qui a retrouvé sa fille le 8 août 2003

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