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Loin des yeux, Près du coeur - Émission du 3 mars 2016 Imprimer cette page

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Loin des yeux, Près du cœur - Votre émission du 3 mars 2016

Mme Arlie Gauthier est à la recherche de sa famille biologique. Elle est née le 4 mars 1962 à l'hôpital de la Miséricorde de Québec. Écoutez votre émission dès maintenant!



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Votre résumé de l'émission :

Invitée: Mme Arlie Gauthier

Mme Gauthier est née le 4 mars 1962 à l'Hôpital de la Miséricorde de Québec. Son nom fictif était Marie Candide Morin. Elle a été baptisée à la Crèche St-Vincent-de-Paul de Québec le 9 mars 1962. Par la suite, elle a été adoptée légalement le 20 novembre 1962.

Sa mère d'origine avait 34 ans à sa naissance. Elle était citoyenne canadienne-française, catholique et pratiquante. Elle était célibataire et il n'y avait que sa soeur et elle au sein de leur famille. Sa soeur, une amie et un prêtre étaient au courant de sa grossesse. Elle était femme à la maison. Elle avait des aptitudes particulières pour la couture et pour le tricot. Elle aimait la natation, le ski et le tennis et Arlie est sportive également, tout comme elle, mais n'a pas hérité des talents de sa mère pour la couture ni pour le tricot.

Son père d'origine avait 31 ans, à sa naissance, était Portugais et résidait au Québec depuis 7 ans soit en 1955. Il était commerçant.

Les parents adoptifs d'Arlie avaient déjà voulu adopter une petite fille, avant elle, car son père désirait des filles dans la famille. Une triste histoire s'est déroulée. Quelques mois après que ses parents adoptifs soient allés chercher sa soeur à la crèche, celle qui la précédait, pour l'emmener dans leur maison et à quelques mois de la signature officielle des documents légaux d'adoption, les parents biologiques sont revenus chercher leur enfant. Ils sont arrivés en limousine, en grande pompe, dans la petite communauté de Dolbeau-Mistasssini, accompagnés par Mgr X et c'était très rare qu'une situation semblable se produisait. Cet événement-là n'est donc pas passé inaperçu!

Ce fut un grand bouleversement que celui de perdre leur bébé auquel ils s'étaient attachés mais ils ne se sont pas découragés pour autant. Ils ont poursuivi leur rêve pour aller chercher Arlie, par la suite.

Sa mère adoptive était réticente à lui raconter son adoption et n'était pas à l'aise pour lui faire part de son statut d'adoptée. Mais, comme plusieurs personnes adoptées, c'est en jouant à l'extérieur, en fin d'après-midi, qu'une amie lui a balancé en plein visage qu'elle était adoptée, ce qu'elle ignorait. Elle était alors âgée de 6 ans et ce fut une expérience fort désagréable. Figée, perdue dans l'espace, elle est finalement partie voir sa mère afin qu'elle réponde franchement à sa question: « Suis-je adoptée» ? Oui, lui aurait confié sa mère, tout en la sécurisant, en lui expliquant qu'il n'y avait rien de malsain ni de honteux à être adoptée et que son père et elle avaient posé ce geste, par amour pour elle.

Elle a compris l'explication mais bien sûr, avec l'âge qu'elle avait. Peu de temps par la suite, elle a commencé à analyser le fait que si elle était adoptée, alors, sa soeur, son frère, sa mère et son père n'étaient pas ses vrais soeur, frère, mère et père et à partir de ce moment-là, s'est installée en elle une révolte. Cependant, l'amour, la tendresse et le parcours familial ont fait en sorte, heureusement, qu'elle a été recadrée et tout est revenu à la normale.

Elle aurait aimé apprendre son statut d'adoptée d'une autre façon et ce fut donc pour elle un grand choc émotionnel d'autant plus que dans une petite localité, tout se sait et tout le monde se connaît. L'histoire aussi de sa soeur et des parents venus la re-chercher avait impressionné les gens donc, ils avaient dû en parler à leurs enfants et c'est sans doute de cette manière que son amie avait dû apprendre qu'elle était adoptée.

Arlie s'était dit qu'à cette époque révolue, les gens étaient « fermés » et avaient des préjugés à l'endroit des filles-mères et de leurs enfants illégitimes et que de nos jours, ils avaient évolué. Arlie a donc pris le chemin qui lui avait été enseigné. Elle était bien encadrée, allait à la pêche avec son père et participait à des activités sportives qui lui permettaient de ventiler ce qu'elle vivait, pour se recentrer sur elle-même. Elle analysait les choses avec espoir en se disant: « Moi, je suis petite, je suis une enfant et je ne peux pas rechercher ma mère de naissance mais elle est grande, adulte, me recherchera-t-elle? »

À l'adolescence, quand elle avait des humeurs changeantes ou lorsqu'elle avait des questionnements en suspens, elle se « défoulait » dans les sports. Rationnellement, elle se disait qu'elle ne manquait de rien, qu'elle était aimée, au sein d'une belle famille et en sécurité. Par contre, quand elle s'est retrouvée seule, lors de son CEGEP, elle a pensé davantage à sa mère d'origine. Elle a demandé à sa mère adoptive si elle pouvait entreprendre des démarches pour retrouver sa mère et elle a alors essuyé un refus catégorique.

Arlie n'avait pas vraiment pensé à la peine immense que ses parents avaient ressentie lorsque les parents naturels de leur première fille étaient venus la chercher. Sa mère avait subi une dépression. C'est en discutant avec Normay qu'Arlie a réalisé que sa mère était insécure, sur la défensive et avait sans doute eu peur de la perdre elle aussi, au détriment de sa mère naturelle.

Son père était plus ouvert, peut-être moins insécure, et en fin de vie, il voulait lui parler de son adoption. Beaucoup de choses, compte tenu de son jeune âge, ne lui avaient pas été révélées car elle aurait été trop jeune pour les comprendre.

Son père avait envie de lui faire part du déroulement de son adoption. C'est sa soeur qui est allée la chercher, la choisir et la remettre à ses parents adoptifs. Ils ne voulaient pas entrer pour « magasiner ». Ils la prendraient et ce serait elle qu'ils rendraient heureuse.

Sa mère était en contact avec une religieuse qu'elle connaissait, soeur Ste-Gisèle, et lui avait demandé de leur « réserver » une fille. Elle avait alors reçu une confirmation positive. Son père lui aurait révélé aussi qu'ils recevaient des colis par l'intermédiaire de soeur Ste-Gisèle dont, entre autres, un magnifique trousseau de baptême confectionné par sa mère de naissance. Arlie a même fait baptiser sa fille avec ce même trousseau, toute fière qu'elle était de l'avoir reçu par les doigts de fée de sa mère. Elle a reçu aussi des robes, des bijoux dont un bracelet et une chaîne avec un coeur et une perle, achetés à une bijouterie de Ste-Anne-de Beaupré. Avec amour, sa mère biologique lui a offert ces jolies choses significatives expliquant indirectement qu'elle continuait de penser à elle, en lui manifestant son intérêt et en la gâtant, comme elle le pouvait, via ces colis postaux. Ses parents adoptifs, eux, en les conservant, avaient démontré aussi beaucoup d'amour. Certains parents adoptifs insécures, jaloux et/ou possessifs détruisent même parfois des souvenirs offerts par la mère de naissance.

Arlie a entrepris des recherches lorsqu'elle était enceinte de sa fille. Elle devait passer certains tests et ne pouvant répondre aux questions s'il y avait des maladie cardiaques ou des cas de cancer dans la famille, étant adoptée, et voulant éviter de passer des tests inutilement, elle s'est alors tournée vers le Cente jeunesse de Québec. Elle avait promis à sa mère adoptive qu'elle ne réclamerait que ses antécédents médicaux rien de plus, ce qu'elle a fait.

Récemment, elle a fait une nouvelle demande, toujours au Centre jeunesse de Québec, leur précisant qu'elle ne devait plus maintenant garder silence. Elle a mentionné qu'elle était intéressée à rencontrer quiconque dans sa famille d'origine (père, soeur, frère, oncle, tante etc.). Arlie a 54 ans ce qui fait que sa mère aurait 87 ans (son père aurait 84 ans) et compte tenu de leur âge, son dossier serait prioritaire. Elle est aussi inscrite au Mouvement Retrouvailles. Normay lui a aussi parlé du site Internet de Lyne Perron : Adoption, Émotions, Retrouvailles (AÉR) qui existe depuis 15 ans . Avec l'entrevue, c'est une autre tribune, une bouteille à la mer. Les bijoux et le trousseau de baptême peuvent peut-être aussi rappeler un souvenir à sa mère, à sa tante ou à quelqu'un d'autre. Plus il y a d'indices, plus les chances de succès sont bonnes.

Mme Gauthier conserve toujours l'espoir de retrouver sa mère d'origine ou alors des membres de sa famille d'origine après avoir tenu sa promesse à savoir celle de ne pas chercher sa mère biologique du vivant de sa mère adoptive. Elle a bel et bien respecté sa volonté.

Merci à Normay, à Mme Gauthier, à Jean-Paul (collaborateur) et au Mouvement Retrouvailles pour sa commandite. Merci pour la chanson « Un jour tu verras » (auteur Marcel Mouloudji)

À la semaine prochaine!

Marthe Charest

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