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Émission “Loin des yeux, Près du cœur” - 20 septembre 2019 – Pierrette Tanguay et Susie Bonin Imprimer cette page

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RÉSUMÉ

Pour le premier segment de l'émission: Mme Pierrette Tanguay

Les mères d'origine n'aiment pas vraiment raconter leurs histoires mais, toutefois, le fait de les entendre peut servir à aider des mères, entre autres, à se libérer.

Mme Tanguay avait 19 ans lors de la naissance de son bébé. Elle l'a gardé avec elle jusqu'à l'âge de 22 mois. Depuis ses débuts de vie, une travailleuse sociale la talonnait, en fait, pour qu'elle confie son enfant à l'adoption.

Elle a quitté le père avec son fils parce que celui-ci était violent mais sa mère et sa travailleuse sociale voulaient à tout prix qu'il soit adopté alors que ce n'était pas sa volonté. Finalement, elle a accédé à leurs demandes malgré ses 22 mois de vie avec son fils.

Après tout ce temps, céder son enfant à quelqu'un d'autre lui a été très difficile; c'est de la torture car elle avait une image de lui, des souvenirs. Quand elle allait magasiner, par exemple, si elle entendait un enfant pleurer, elle allait voir au cas où ça pourrait être son fils. C'était rendu une obsession et c'est bien compréhensible!

Quand elle est devenue enceinte, à 18 ans, sa mère voulait qu'elle se fasse avorter. Elle ne voulait pas qu'elle mette au monde son bébé hors mariage. Ses parents étaient de bons catholiques pratiquants. Ils demeuraient à la campagne, dans un petit village, à une époque où, même si elle n'est pas âgée, ce que les voisins pensaient et disaient, les uns des autres, avaient une importance capitale.

À ses 18 ans, elle est donc partie vivre avec le père et ensuite avec son bébé Stéphane. Elle l'a gardé avec elle mais il y a eu une période où elle a dû aller vivre dans une maison pour mères célibataires en difficulté car son conjoint la violentait.
Son médecin lui a fait choisir entre rester avec le père ou mettre au monde son enfant, donc, le choix n'a pas été difficile à faire. Le père est revenu en pleurant, elle a eu pitié, elle l'a repris et, comme on voit souvent, et même une fois son bébé au monde, il était encore violent. Elle ne voulait pas que son fils vive cette violence ayant elle-même vécu dans un foyer dysfonctionnel où il y avait beaucoup de violence. Alors, prenant son courage à deux mains, elle est partie avec son enfant, Stéphane, qui a conservé le même nom qu'elle lui avait donné, pour le confier à l'adoption. Elle a vécu pendant presque 40 ans avec les yeux rivés sur le rétroviseur du passé.

Après l'adoption de son fils, elle est demeurée célibataire et n'a pas voulu avoir d'autres enfants. Elle a vécu une période de descente aux enfers au cours de laquelle médicaments, alcool et amants ont fait partie de sa vie de ses 21 ans jusqu'à ses 33 ans. Elle était incapable de passer à autre chose.
Stéphane a été son moteur pour faire plusieurs changements dans sa vie dont l'arrêt de consommations. Elle se disait que lorsqu'il la retrouverait, il serait content, fier, car il verrait une mère sobre et non à « quatre pattes sous la table ». Tout ce qu'elle faisait était en fonction de Stéphane. Elle était convaincue que lorsqu'il aurait 30-35 ans, il la rechercherait, ferait des démarches. Elle avait verrouillé la porte de sa propre prison, et était en « mode attente ».

À 33 ans, au bord du suicide, le choix de se reprendre en main s'est imposé à elle. Avant de retrouver son fils, elle s'habillait toujours de noir à l'image sans doute de la noirceur qui l'habitait. Elle avait toujours Stéphane en tête. Elle travaillait mais ne prenait pas soin d'elle. Heureusement, un grand ami depuis 30 ans, Serge, a pris le temps de l'écouter. Elle pouvait échanger beaucoup avec lui, à propos de son fils car, dans sa famille, c'était tabou, il ne fallait pas aborder ce sujet.

De 22 mois jusqu'à 18 ans, elle savait qu'elle ne pouvait pas voir son fils. Par contre, à sa majorité, l'attente véritable a commencé parce qu'à partir de cet âge, il pouvait entamer des démarches. Elle a attendu pendant 22 ans.

Elle a communiqué avec Mme Caroline Fortin du Mouvement Retrouvailles l'année des 40 ans de Stéphane et celle de ses 60 ans. Il n'y avait pas de recherches effectuées par son fils et elle se disait: « Vais-je mourir sans l'avoir vu, connu? » Mme Fortin lui a dit de communiquer avec son Centre jeunesse. Elle a eu un rendez-vous rapidement. Elle a réalisé, tout à coup, qu'elle avait une peur, celle du refus possible de son fils, tout comme les personnes adoptées qui ont peur du refus de leur mère.

Les démarches se sont étalées sur 3 mois seulement. Elle a rencontré la travailleuse sociale en novembre 2016 et elle était très émotive. Celle-ci lui aurait conseillé d'écrire un lettre qu'elle remettrait à son fils. Pour la première rencontre, en février 2017, elle s'est retrouvée face à son fils, dans le bureau de son intervenante. Celle-ci a expliqué le mandat des travailleuses sociales de l'époque. Il n'y avait pas d'aide à la mère. Ils se sont vus à quelques reprises mais son fils était très révolté. À un moment donné, elle a pressenti qu'il quitterait malheureusement leur relation. Elle était prête à faire de nombreuses concessions pour construire une belle relation avec Stéphane mais il n'avait pas été heureux avec ses parents adoptifs et il avait besoin d'aide. Son intervenante l'avait mise en garde. Elle faisait partie de la solution mais pas de l'entièreté de la solution. Elle lui aurait dit qu'elle pourrait répondre à toutes ses questions, au meilleur de ses connaissances. Elle pourrait lui expliquer sa vie et il ne lui était pas nécessaire ni utile de l'appeler maman, le prénom de Pierrette lui conviendrait parfaitement.

Ce furent des retrouvailles difficiles mais elles ont réussi à la déculpabiliser car au cours de toutes ces années, la culpabilité était toujours ressentie pour tout et rien. Elles lui ont apporté une forme d'apaisement, une libération.

Au cours des 22 mois avec Stéphane, elle a lutté de toutes ses forces pour pouvoir le garder avec elle mais elle n'avait pas de famille, pas d'ami(e)s, demeurait dans un village et sans soutien. Elle s'est rendue à l'évidence qu'elle serait obligée de le faire adopter car il ne pourrait pas recevoir d'elle ce qui le rendrait heureux et épanoui.

En parallèle, sa travailleuse sociale lui tenait le discours comme quoi les éventuels parents adoptifs de son fils étaient à l'aise et avaient une grande famille. Elle le voyait donc entouré d'oncles et de tantes, ce qu'elle ne pouvait pas lui offrir mais ce n'est pas du tout de cette façon que les choses se sont déroulées pour lui. Cette obligation de le faire adopter a été une décision très déchirante.

Ils se sont vus à quelques reprises seulement au cours des 2 années suivant leurs retrouvailles. Stéphane ne voulait plus de ces rencontres alors elle lui a dit qu'elle respecterait son choix mais qu'elle serait toujours là pour lui.

Elle lui a envoyé un texto à son anniversaire et un autre aux Fêtes pour lui souhaiter une bonne année au cours de laquelle il trouverait la paix. En mai 2019, à la fête des Mères, elle a reçu un texto et elle en était très émue. Dernièrement, en septembre, pour son anniversaire, elle a reçu ses voeux donc, tout n'est pas perdu. Il s'agit de savourer toutes les petites attentions qu'il a à son égard, qui font plaisir. Il a conservé son numéro de téléphone, c'est bon signe. Son plus beau rêve demeure tout de même celui de construire une belle relation avec lui. Pour le reste, il ne faut pas se faire trop d'attentes...

Heureusement qu'elle a pu se libérer de son secret car sinon elle se serait sentie étouffée de tout devoir garder en elle. Il s'agit de se sentir bien, en confiance, pour pouvoir s'exprimer sur le sujet, de peur de se faire juger et avoir mal encore.

Pour le deuxième segment de l'émission: Mme Suzie Bonin

Il y a 2 semaines, Mme Bonin s'est inscrite sur la page Facebook d'Adoption, Émotions, Retrouvailles (AÉR). Elle était à la recherche de ses parents d'origine. Elle avait quelques informations en sa possession: 25 novembre 1967, nom d'origine Lavoie et son prénom Marie Julie Susie. Elle avait fait un test d'ADN avec des résultats de cousins issus de germains mais sans plus. L'orthographe de son prénom à la naissance était SUSIE mais elle l'écrit maintenant SUZIE.

Loulou, une Colombo sur AÉR, a découvert, dans un journal publié le 26 décembre 1967, qu'un bébé fille avait été abandonné à Drummondville. Elle avait été retrouvée, le soir de Noël, par un jeune homme de 24 ans, se rendant chez ses parents habitant dans cette conciergerie à deux étages, sur la rue Marchand. Suite à cette découverte, une enquête policière a été entreprise. Le petit bébé a été transféré à l'Hôpital Ste-Croix où elle semblait en bonne santé et où tout était normal, dans les bras de l'infirmière, sur la photo du journal.

Ils ont évalué que le bébé fille était âgé entre 3 semaines et 1 mois. Elle avait été déposée dans cet édifice sans doute par sa mère, d'une façon stratégique, en sachant qu'on la retrouverait facilement. Elle était vêtue d'un pyjama, de bas, d'une cagoule et recouverte d'un orlon blanc, bien emmitouflée. Sa mère avait dû accoucher à domicile. Elle n'avait pas le choix de la déposer dans cet immeuble en étant certaine que sa fille ne passerait pas inaperçue.

Mme Bonin a écrit ces informations-là sur AÉR et Loulou a découvert tout de suite cet article-là dans le journal, qu'elle lui a envoyé le lendemain. Elle en ressentait plein de frissons, a été agréablement surprise de la rapidité de la découverte et a remercié son « ange » bien sincèrement. Elle ne savait rien d'autre que ce qu'elle avait écrit sur AÉR. Son test d'ADN lui en a révélé un peu mais pas assez pour poursuivre ses recherches donc, la une du journal, cet article à Noël, fera sans doute se souvenir quelqu'un.

Dans sa famille d'accueil devenue par la suite ses parents adoptifs, on lui aurait dit qu'elle était arrivée chez eux à l'âge de 6 mois avec une couche, une camisole, s'appelait Susie et était née le 25 novembre 1967. Elle aurait été placée dans une autre famille d'accueil avant d'arriver avec sa famille adoptive. Elle a grandi avec ces informations et a toujours su qu'elle avait été adoptée. Ce n'était pas problématique car dans son environnement, il y avait d'autres adoptions et ce n'était pas caché.

En grandissant, en vieillissant, elle voulait en savoir plus. Elle a été adoptée légalement 2 ans après son arrivée dans cette famille. Elle s'est dit qu'il y avait sans dout un dossier ouvert à son nom, une enquête non terminée et, par conséquent, ça ralentissait les procédures, ce qui faisait en sorte qu'on ne pouvait pas la faire adopter.

Ses parents adoptifs ont eu 3 enfants légitimes, une soeur qui n'est pas sa soeur et qui a toujours connu ses parents d'origine et ensuite, elle, la dernière, donc, il y avait au total 5 enfants dans sa famille qui s'entendaient bien malgré la grande différence d'âge. C'était à l'image des familles recomposées, de nos jours.

Elle a été longtemps sans parler de sa situation en se disant qu'elle vivait bien son statut de personne adoptée et ne voulait pas se faire poser des questions entre autres par les 3 enfants légitimes.

Elle aimerait connaître l'histoire de sa mère pour savoir la sienne. Que s'est-il donc passé pour que sa mère doive la laisser dans une conciergerie? A-t-elle refait sa vie? A-t-elle eu d'autres enfants? En a-t-elle parlé par la suite, peut-être est-ce resté un secret? Elle se sentait peut-être coupable, honteuse d'avoir dû l'« abandonner ».

Elle se demande pourquoi ses parents adoptifs lui ont caché des pans de son histoire. Ils lui ont dit qu'elle n'avait pas de parents, de là son adoption. Ils seraient demeurés quand même ses parents car ce sont eux qui en ont pris soin, qui l'ont élevée, qui lui ont transmis de belles valeurs, bref de bons parents avec de bons frères et de bonnes soeurs. Elle a été bien entourée, n'a manqué de rien sauf la vérité, ce qui est peu dire!

Elle ne veut pas changer et bouleverser la vie de sa mère et ne connaît pas sa situation actuelle mais elle aimerait bien savoir ses débuts de vie et, en même temps, libérer, apaiser sa mère qui a dû se sentir sans doute coupable tout au long de sa vie.

Si sa mère biologique a écrit son prénom avec un S dans SUSIE, elle avait peut-être ses raisons, peut-être était-ce un indice révélateur?

Si quelqu'un reconnaît l'histoire de Mme Bonin, qui n'est pas banale, il est possible d'entrer en contact avec le Mouvement Retrouvailles qui communiquera par la suite avec Mme Bonin pour valider les informations.

Merci à Mme St-Pierre et merci à ses invitées pour leurs témoignages. Partagez la page de l'émission en grand nombre et n'oubliez pas: « Aidez-nous à vous aider ».

Merci à M. Jean-Paul L'Heureux pour la sonorisation et pour le partage de la pièce musicale « C'est parce que je t'aime » interprétée par Claude Valade, marraine d'Adoption, Émotions, Retrouvailles, qui nous l'a offerte.

Merci aussi au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l’émission.

Il est possible de vous procurer le livre de Mme Normay St-Pierre écrit en collaboration avec Mme Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

Si vous désirez participer à l'émission, écrivez directement à Mme Normay St-Pierre à l'adresse suivante: normay.stpierre@videotron.ca Elle se fera un plaisir de vous contacter et de vous fixer un rendez-vous téléphonique. Vous n’avez donc pas à vous déplacer pour vous présenter en studio. Les enregistrements sont faits le mercredi soir, à 19h00.

Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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